jeudi 3 mars 1988
La mer
jeudi 25 février 1988
Les fleurs de votre vie vous enterrent
Les fleurs de votre vie vous enterrent
Ce n'est rien. Des mots, une poésie en l'air,
Comme l'arôme de la rosée sur la fleur,
Qu'en un baiser mes lèvres effleurent,
Des pétales de mots que le soleil éclaire.
La fleur fanera et le printemps de ma vie
S'éteindra avec elle. Ma douleur fatiguée
Des passions qui animent mon cœur percé,
Oubliera mon corps, mes peines et mes cris.
Les cheveux décoiffés, je m'assois sur mon lit.
Mon oreille alors surprend la fuite du temps,
Qui nous fait oublier, mourir en pardonnant.
Je finirai ainsi, allongée sur un lit.
Cette fleur qui avait couronnée mon âme
Repoussera de la terre sur mon ventre,
Un enfant la cueillera avant qu'il ne rentre
Chez lui ; son regard surprenant me désarme.
Iso Bastier
Février 1988
samedi 13 février 1988
Hommage à quelqu'un que j'aime
Hommage à quelqu'un que j'aime
Ce jour-là, il pleuvait
Dans mes yeux, sur mes plaies,
Du ciel sur la terre,
Pour toi que l'on enterre.
La mer m'a consolée.
Le soleil a rebrillé.
Mais moi j'ai toujours mal
Pour toi, mort à l'hôpital.
Il t'a fallu partir
Pour voir les tiens s'unir.
Depuis tu vis en nous,
Tu nous aimes malgré tout.
Aujourd'hui il fait beau
Et même s'il fait chaud,
Dans mon corps il fait froid,
Ce poème est pour toi.
Iso Bastier
Février 1988
mercredi 11 novembre 1987
L’ANIMAL
Il est là, froid, aux aguets,
Il sait d’instinct, reste quiet,
Un tout ; d’où souffle le vent ;
Observe les mouvements.
De lui, n’aie nulle crainte,
La nuit, entends sa plainte,
Il connaît sa justice,
Respecte l’armistice.
Et si tu as vraiment peur,
Sache que c’est une erreur,
Car il est un grand sage,
Ne commet les ravages
Que l’homme lui attribue,
Il en est le seul abus.
Il est calme, reposé
Sa fatigue abandonnée.
Superbe, beau, gracieux,
Son intelligence aux yeux.
Il sait mourir tout doux.
Comme je voudrais,
Si le destin l’autorisait,
Partir, oui…. à pas de loup…
Novembre 1987
Iso Bastier
lundi 9 novembre 1987
Justice injuste
Justice injuste
Quelle injustice en ce monde !
Ou bien quelle justice immonde.
Le malheur de préférence
Joue avec l'indifférence.
Devant tous ces imbéciles
Je préfère baisser les cils.
Ces tueurs d'illusions
Visent mes rêves, mes inventions.
Ils déracinent l'arbre
De sa terre pour le marbre.
Assassins de la bonté,
De la quiétude et de la pureté.
Lorsque les yeux sont clos
Que les gens tournent le dos,
Cultivez donc votre espoir
Avec de l'eau dans l'arrosoir.
Iso Bastier
11 1987
lundi 5 octobre 1987
Malheurs conjugaux
Malheurs conjugaux
Tout homme a sa maîtresse,
Chaque maîtresse son homme.
Si cela vous étonne,
Je vous tendrai ma fesse !
Messieurs ne gâchons point,
Notre vie est si brève,
Avant qu’elle ne s’achève,
Nous brimer avec soin !
Et pour vous gente dame,
Si vous trompez sa femme,
Ô ! Comprenez son ennui,
Puisque lui la trompe aussi !
Ces malheurs conjugaux,
Me font rire très haut !
Quand depuis son placard,
L’amant n’est pas gaillard !
Alors le pauvre déçu
Par la femme, un jour finit,
Dans un bois et travesti,
Par jouer l’ange déchu !
Le mari reconverti,
En mini l’était aussi !
Et la pauvre Madame
N’était plus que des larmes.
Iso Bastier
10 1987
mercredi 2 septembre 1987
Hommage à quelqu'un que j'aime
Hommage à quelqu'un que j'aime
(Raoul Bastier)
Assis dans ton fauteuil tu es là petit père
Tu me vois et palpitent tes yeux de verre
Tu restes Las, paisible attendant ta mort
La tête dans les mains, fatigué, tu t'endors
Je voudrais te rendre un hommage pour la vie
Je demeure un instant à tuer ton ennui
Pour une heure tu oublieras ta solitude
Sans un mot tu comprendras mes attitudes
Les instants immortels s'effacent, s'oublient
Mais gravé dans mon cœur je te vois qui survis
"Vivre si longtemps pour enterrer ses enfants ! "
M'as-tu dit un jour. Encore te traînent les ans...
Qu'il est dur de te voir sans cesse décliner !
Malheureusement nous y sommes condamnés
Moi et les autres te suivrons sur ton chemin
Or tu es là alors ne pensons pas à demain
Iso Bastier
09 1987


