lundi 30 avril 2018

Debout Assis Couchés




Debout Assis Couchés


Les gens debout nerveux et fiers
N'ont pas peur du chemin à faire
Le pied levé et la tête ailleurs
Ils parcourent la vie en éclaireurs

Les gens assis, rêveurs, contemplatifs
Voyagent à l'intérieur, un peu craintifs
La main posée, l'air mélancolique
Ils se fondent dans la musique

Les gens couchés n'ont pas d'âge 
Le repos se prend sans bagage
Le corps abandonné, l'esprit sans limite
Ils s'animent dès lors qu'ils s'alitent. 


30 04 2018 
Iso Bastier 


mercredi 11 avril 2018

BOOMERANG

"Déchirures" - Technique Mixte - Iso


Boomerang

Le vent nous en promet
Or l'aube demeure grise
Même le ciel n'est pas frais
Le jour jette sa chemise

Ce vent qui rabat nos déchets
Qui nous les crache à la gueule
Pas une caresse. Ce vent mauvais
L'air de rien se déroule et dégueule

Sur les plages de l'humanité
Tout ce qu'elle a de dégueulasse
Boomerang barré de l'imbécilité
Nous vivons dans notre crasse



11 04 2018
Iso Bastier






lundi 12 mars 2018

Tel un vieil...


"L'ermite dans le cosmos" - Huile - Iso Bastier 




 

Tel un vieil...

 

Je fais face au soleil

Tel un vieux tournesol,

La chaleur se fait miel

Dès qu'on quitte le sol.

 

Je tourne autour du monde.

L'univers tourne autour de moi.

Tous embarqués dans la ronde

De la vie qui se déploie.

 

Je plonge dans le sel

Tel un vieux hareng,

Je conserve mon fiel

Quand la foule m'harangue.

 

Je tourne autour du monde.

L'univers tourne autour de moi.

Les planètes telles des secondes

Qu'on m'accorde avec toi.

 

Je me roule dans l'herbe

Tel un vieil hérisson,

Plus piquant qu'acerbe,

Je donne le frisson.

 

Je tourne autour du monde.

L'univers tourne autour de moi.

Têtes brunes, têtes blondes,

C'est selon le climat.

 

Je grimpe aux arbres

Tel un vieux lémurien,

Je sais rester de marbre,

Faire comme si de rien.

 

Je tourne autour du monde.

L'univers tourne autour de moi.

Tant que la nature est féconde

Au fond je ne m'en fais pas.

 

 

Iso Bastier

12 03 2018

jeudi 8 mars 2018

Naïade


"La crique" - Huile - Iso Bastier 



Naïade

 

Je marche seule dans la mer.

Je vais rejoindre ma mère

Qui me met au courant.

 

Je m'évapore dans l'atmosphère

Abandonnant tous mes repères

À la lumière du couchant.

 

Je ne reviendrai pas en arrière,

Portée par trop d'hier,

Je regarde vers l'avant.

 

J'avance au loin dans la mer,

Dans ses scintillements lunaires,

Puis disparais dans le vent.

 

 

Iso Bastier

8 03 2018

 

mardi 6 mars 2018

Les amours


"Cosmik lovers" - Huile - Iso Bastier 


Les amours

 

Passées les amours gaies,

Vient l'heure des arrangements.

On ne nage plus, on pagaie.

On se tait plus qu'on se ment.

 

Un horizon pour deux visions.

Un même décor pour deux corps.

On parle avec la télévision

Pour trouver un terrain d'accord.

 

Viennent les amours vraies,

Leurs silences, leurs tourments.

L'ivresse après l'ivraie.

Le sens de l'engagement.

 

Une vérité pour deux raisons.

Une volonté pour deux efforts.

Deux maçons pour une maison,

Havre du réconfort.

 

Fané l'amour tout frais

C'est de l'horloge qu'on dépend.

On organise les étapes relais,

Le confort que l'on défend.

 

Plus d'ambition, que des options,

Des regards qui suffisent.

L'hiver sans le moindre frisson.

Seules les nostalgies nous électrisent.

 

Surgissent fantasmes et regrets

Tels d'horribles revenants,

On les ignore par respect,

On joue le jeu du présent.

 

Passée la jeunesse de geai,

Arrive l'heure des grands.

On s'encroûte. Et si on changeait ?

Si nous restions adolescents !

 

 

Iso Bastier

6 03 2018


 

lundi 5 mars 2018

Coincée


"Lost time" - Huile - Iso Bastier 


Coincée

 

Coincée entre deux mondes,

Paradoxalement décalée,

Je regarde à la ronde

Ce qui pourrait arriver.

 

Je ressens les effluves

Des possibilités,

Les pieds dans le pédiluve

De l'humanité.

 

Coincée entre deux âges,

Anormalement étiolée,

Je m'évade en paysages,

Je rêve de nuits étoilées.

 

Je ressens les prémices

Du drame des naufragés.

Me frôlent les hélices

D'un navire étranger.

 

Coincée entre deux langues

Et tant d'autres langages,

J'ai l'expression qui tangue

Entre incompréhension et partage.

 

Je ressens les symptômes

D'une agressivité.

Les cerveaux sous leurs dômes

Sont en suractivité.

 

Coincée entre deux êtres,

Le biologique et l'éthéré,

Je multiplie les raisons d'être.

J'ai cessé d'être athée.

 

Je ressens les bienfaits

De ma complexité.

L'équilibre tenu en respect,

Ne reste plus qu'à exister.

 

 

Iso Bastier

5 03 2018


 

Des numéros


"Manifestation"- Acrylique - Iso Bastier 


Des numéros

 

On croise en chemin

Tant de tempéraments.

Ceux dont on ne se souvient

Pas, trop inconsistants.

 

Ceux qui brillent la nuit,

Qui meurent au matin.

Ceux que le soleil fuit,

Que seule l'ombre retient.

 

Ceux qui ne font que passer

Et ceux qui reviennent.

Ceux qui ne font que parler

Et ceux qui se souviennent.

 

Ceux qui donnent un coup de main.

Ceux qui donnent des coups de pied.

Ceux qui n'espèrent qu'en demain.

Ceux qui se réfèrent au passé.

 

On croise sur la route

Tant de gens différents.

Ceux qui avancent malgré le doute.

Ceux qui vont vers l'avant.

 

Ceux qui cherchent un repère.

Ceux qui méprisent le quotidien.

Ceux qui sortent prendre l'air.

Ceux qui vont acheter le pain.

 

Les marcheurs, les coureurs,

Les promeneurs, les égarés.

Les trotteurs, les voyageurs,

Les meneurs et les destinés.

 

Ceux qui, un jour, se lèvent.

Ceux qui rêvent de se poser.

Ceux qui attendent sur la grève.

Ceux qui voudraient se reposer.

 

On croise au carrefour

Des petits et des grands.

Ceux qui vont faire un tour, 

Qui claquent la porte en sortant.

 

Les matinaux, les retardataires,

Les patients et les gens pressés,

Les originaux, les réfractaires,

Tous ces numéros déjà listés.

 

 

Iso Bastier

5 03 2018


 

mercredi 28 février 2018

Mépris

 


"Le troisième" - [46X38] - Huile - Iso Bastier 


Mépris

 

Nous méprisons le présent

Compromettant un avenir

Mieux défini, plus engageant,

Le passé n'a qu'à bien se tenir.

 

Tête baissée, la fuite en avant,

Détruisons plutôt que d'entretenir,

Même ce qui nous rassurait antan.

Nous sommes. Pourquoi devenir ?

 

Nous méprisons, nos enfants,

Main sur le cœur, avec le sourire,

Acceptant tout, inconsistants,

Nous nous laissons anéantir.

 

Les yeux baissés. Tout fout le camp !

Les doigts croisés, nous laissons venir...

Nous fonçons mais jusqu'à quand ?

Si pressés au fond d'en finir.

 

 

Iso Bastier

29 02 2018


lundi 29 janvier 2018

Désert

"L'ermite dans le désert"- Huile - Iso Bastier 



Désert

On ne se bonifie pas avec le temps.
Une fois le génie sorti de la
Lampe, il ne reste que la
Lampe. L’outil en soi 
N'est pas la lumière.

On ne se sanctifie pas en mourant.
Une fois l’esprit sorti de son
Corps, il ne reste que de la
Poussière. La boîte n’est pas
Le vrai mystère.

On ne se sacrifie pas pour le sang.
Une fois sorti de son artère,
Il sèche. Il ne reste que des
Larmes qui un jour tarissent
En un désert.



Iso Bastier

29/01/2018

samedi 20 janvier 2018

Des rêves


"Mask" - [55X46] - Huile - Iso Bastier 


Des rêves

 

Si tu sacrifies tes rêves,

Tu existes faussement.

Tu es seul sur la grève

À la merci des éléments.

 

Rien envole tes pas.

Rien étoffe tes nuits.

Tu ne sais pas où tu vas.

Tu lésines. Tu t'ennuies.

 

Si tu sacrifies la fève,

Qu'importe ta part du gâteau !

Ni le suc, ni la sève

Ne te montent au cerveau.

 

Rien ne vit dans ta voix.

Rien ne brille ni ne luit.

Rien ne te donne la foi.

À quoi sert donc ta vie ?

 

 

Iso Bastier

20 01 2018


jeudi 4 janvier 2018

Mille Mondes

"Fleurs martiennes" - Cosmétique - Iso Bastier


Pour CHRISMALI 



Mille Mondes

Passée ma coquille de verre
Je ressens cette Terre ronde.
On me reçoit, on m’insère
Dans plein de petits mondes…

Mon corps de papier froissé
Vibre des couleurs de la vie.
Il danse pour ne pas angoisser
Avec celui qui croise son envie.

Mon esprit cherche l’équilibre
Mon âme est une bohémienne
Ma pensée lutte pour être libre
Ma main se tend vers la tienne

Mon cœur est tout un poème
Ma foi est une vaste aventure
Au loin mon habit se promène
Dévoilant ma véritable nature

Passés l’écorce et le fil de fer,
Les soleils blancs, les lunes blondes,
De rencontres en transferts
Je visite mille petits mondes.

Mille corps, mille âmes, mille esprits…
Une part de moi en plus petit.
Mille cœurs, mille corps, mille mains…
Mille mondes possibles pour demain.



Iso Bastier 

 4/01/2018

mercredi 3 janvier 2018

Science

"La fourmi" - Acrylique - Iso Bastier


Science

La science prend sa revanche
La société est bouleversée
Oubliés les acquis, les dimanches
Le règne biologique est renversé.

Produire autrement. Changer.
S’adapter aux enjeux spirituels
Depuis nos cerveaux dérangés
Par les électricités résiduelles.

La Technologie s’installe
Dans nos vies insidieusement.
Elle conditionne notre idéal.
Que connaît-elle du vivant ?

L’éthique prend ses distances.
Jusqu’où peut-on s’aventurer
Avant de trouver résistance ?
Avant de desservir le genre entier ?

Devenir autre. Se métamorphoser
Sans jamais perdre l’essentiel.
Anticiper bien avant d’oser
Les projets trop démentiels.

La Technologie est  un dédale
Où se mêlent le meilleur et le pire.
Evitons de perdre les pédales
Qu’elle serve plutôt que de nuire.



Iso Bastier  
3/01/2018

samedi 30 décembre 2017

Le règne


"Totem cuivré" - Iso Bastier



Le règne

Tu connais mon langage
Mais comprends-tu ma parole ?
L’esprit que les mots engagent
La pensée sous la parabole.

Tu apprends mes expressions
Tu les analyses en silence
Mais ressens-tu une émotion ?
Es-tu doté d’une conscience ?

Tu me singes. J’imite la Nature.
Je détruis la Nature. M’imiteras-tu ?
Les mathématiques sont matures
Sont-ce une écriture de plus

Ou l’avenir même du Verbe ?
S’ouvre une aube nouvelle…
Sera-t-elle plus sage ? Acerbe ?
Une civilisation plus virtuelle.

Je n’ai plus qu’à méditer…
(Tu te charges de l’intendance)
Analyser. Anticiper. Accréditer.
Trouver l’équilibre de la chance.

Qui suis-je aux manettes ?
Toi ? Déjà ? L’héritier légitime
Plus efficace que moi, plus Net
Mon faux frère, mon intime

Et froidement tu me regardes
Toujours prêt à courber l’échine
Quand tes calculs mettent en garde
Contre le règne des machines



Iso Bastier
30/12/2017


Garder Raison



"Elévation" - Huile - [80X80] - Iso Bastier


Garder Raison

Une infinité de vies
Sur des plans différents
On recommence, on redéfinit
Nos choix les plus importants

Des milliards d’existences
Autant de possibilités
Des morts et des naissances
Ne cessent de se décliner

Prison de la mémoire
Qui déforme les vérités
(Par peur du vide et du noir)
Complexée par l’éternité

Une infinité de vies
A faire et à refaire
Enfer de la technologie
Le changement accélère

Déménager de métier
Redevenir nomade
Les robots sur le chantier
Ne passent pas de pommade

L’intelligence artificielle
Change toutes les données
Nouvelle révolution industrielle
L’humain doit se recoordonner

Qui sera l’homme de demain ?
Où mènera l’obscur combat
Du dragon avec l’aigle américain ?
Sera-t-il davantage libre ou renégat ?

Qui sont les grands architectes
Qui trament notre avenir ?
Sont-ils sains dans leur secte
Ou doit-on contrevenir ?

Chacun doit se replacer
Dans ce monde de machines
Elles commencent par délasser
Mais à la fin elles dominent

A chacun de se questionner
Face aux reflets qui nous imitent
Sont-ils bien intentionnés
Où se posent les limites ?

Le mortel va prendre fin
Transferts d'esprits-logiciels
Cyborgs, clones... L'humain
Nouveau tend vers le ciel

Transformations profondes
Et remises en question
D'autres civilisations se fondent
Ici il faut garder raison 




Iso Bastier
30/12/2017




lundi 25 décembre 2017

Suicide

"Aurora borealis" - Huile - Iso Bastier



Suicide

L’humanité suicidaire
Se lance à corps perdu
Dans tout ce qui accélère
Ce processus éperdu

Consommation de poisons.
Dérèglement du cerveau.
Abêtissement. Confusion.
Maladies en réseau.
Troubles du comportement.
Surpopulation. Destructions
Des espèces, de l’environnement.
Guerres sans guère d’émotion. 

L’humanité suicidaire
Se lance à corps perdu
À la conquête du stellaire
Peut-être y a-t-il une issue ?

L’humanité regarde ailleurs
Cependant qu’elle se maltraite, 
Ignorant en elle le meilleur,
Cultivant son goût de la défaite.
Elle espère un jour échapper
A l’enfer qu’elle a fait naître, 
Sans tenter de se rattraper
Elle cherche à disparaître. 



Iso Bastier
25/12/2017




dimanche 24 décembre 2017

Temple végétal


"Chao ab Ordo" - Acrylique [40X50] - Iso Bastier 


Temple végétal

 

Un temple végétal

Au bord d'une rivière,

Des feuilles, des pétales

Te font une civière,

Un berceau de nature.

La caresse guérisseuse

D'un écrin de verdure

Pour secondes paresseuses.

Sous le ciel insoumis

Aux nuages vagabonds,

Béatement tu souris,

Ta bouche fait des ronds.

Galets, coulis de l'eau,

Mousses. Frisson du vent

Qui vient taquiner ta peau

Sans prévenir avant.

Un retour à la source.

Relaxation. Méditation.

Posé sur les ressources

De la planète-nation,

Tu absorbes l'été de miel

Offert chaleureusement.

Il rayonne comme le soleil

Pour réchauffer les gens,

Les caresse d'or et d'espoirs,

Les rassure avant la nuit,

Calme leur angoisse du noir

Par un bleu qui les éblouit.

Un temple végétal,

Un retour en arrière,

De la terre, du métal,

L'eau, le feu, la pierre.

Ton berceau, la nature

Productive et gracieuse

Fait face à ta dictature

Elle pourtant si généreuse.

Tu profites, enfant insouciant,

Repoussant les limites

De cette mère au cœur confiant

Qui t'enseigne quand tu l'imites.

 

 

Iso Bastier

24 12 2017


 

Qu'importe !

"Sacrifice" - Acrylique - Iso Bastier 



Qu'importe !


Ressens-tu le changement

Des secondes qui respirent

Créant d'étranges mouvements

Qui inspirent, qui expirent ?

 

Qu'as-tu sacrifié au système ?

D'être simple et sincère.

C'est le cadet de tes problèmes

La vie coûte tellement cher...

 

Ressens-tu le changement

Des secondes qui expirent

Créant des mécontentements,

Des râles, aussi des soupirs ?

 

Qu'as-tu sacrifié de toi-même ?

Ta nature et tes mystères.

C'est le cadet de tes problèmes

Ainsi tourne la Terre...

 

Ressens-tu le changement

Des secondes qui se méritent

Créant des espoirs incessants,

Les sacerdoces dont on hérite ?

 

Qu'as-tu sacrifié de ce que tu aimes ?

La liberté. Le fond de l'air.

C'est le cadet de tes problèmes

La vie passe en un éclair...

 

 

Iso Bastier

24 12 2017