jeudi 23 janvier 2020

Viens


Viens

J'aimerais que tu viennes
Là, tout près de moi
J’aimerais que tu tiennes
Pour détenir la foi

Il n’est jamais trop tard
On peut devenir un
Cachés dessous les fards
Se réunir en quelqu'un

Apprends mon ressenti
Efface tes frontières
Je dirai qui je suis
À nous deux soyons fiers

Viens que je me surprenne
Que je dépasse l'endroit
Use-s'en avant qu'ils ne le prennent
Tu as aussi des droits

La nuit sors ton dard
Contre les coups de surin
Évite les radars
Ce n'est pas pour ton serin

J’aimerais que tu viennes
Là, tout près de moi
J’aimerais que tu tiennes
Pour devenir la loi.

23/01/2020
Iso Bastier

dimanche 3 novembre 2019

Une vie gagnée





Une vie gagnée

Je vois le monde à l'envers
Depuis que la roue a tourné
Il y a cet homme autoritaire
Moins amant que choix donné

J'avance dans l'obscurité
Encore en quête du soleil
Pourtant je suis accompagnée
Par la force du conseil

Tout ira bien malgré la fin
La remise en question jugée
L' âge nous fait quitter le sein
Marchons donc vers l'apogée

D'intuitives larmes ont séché
Sur cette énergie qui nous tente
Qui pour construire sait arracher
Celle qui rayonne et qui tourmente

Quand tous les âges réunis
S'équilibrent,  se rencontrent
Ils nous libèrent. On s’unit
Et le pour est tout contre…

Il nous aura fallu communiquer
Voyager très loin de nous-même
Marcher. Parler. Puis naviguer
Pour que le monde nous promène.



3/11/2019
Iso Bastier



mardi 1 octobre 2019

Le sang du temps




"Chao ab Ordo" - Acrylique - Iso Bastier 


Le sang du temps


Le sang coule
Le temps passe
La vie s'écoule
La mort enlace

Pierre qui roule
Amasse
Larmes qui coulent
Sur ta face

Le sang rouille
Le temps lasse
Après la bouille
La trogne fait place

Pierre qu'on foule
Devient une menace
Les armes découlent
De la disgrâce

Le sang bout
Le temps ressasse
Arrivé au bout
Reste la carcasse

La pierre s'éboule
Suivant sa trace
Quand le lierre s'enroule
Le souvenir s'efface


Iso Bastier
1/10/2019

vendredi 20 septembre 2019

Notre-Dame




Notre-Dame


Paris pleure des larmes de plomb
Depuis que la flèche nous a transpercés
Les fontaines ont coupé le son
Tant de mensonges nous ont bercés

Quand Notre-Dame quitte le ciel
Qu'elle vient se répandre sur terre
Sa contamination est substantielle
Dès qu'elle louvoie près des enfers

Jadis la dame eut de l'aplomb
Elle rayonnait de par le monde
Aujourd'hui elle touche le fond
Survit dans l'âme humaine qu'elle sonde

La Mère des mères se meurt
Succombe dans l'Aube de ses enfants
Dans leurs corps elle est une tumeur
Qui fut avant tout un présent



Iso Bastier
20/09/19


lundi 22 juillet 2019

J'aime les vieux


"Le vieil homme et la mort"- Acrylique et Semoule - Iso Bastier




J'aime les vieux

J'aime les vieux
Ils ont dans le regard
Plus que ces poupons hilares
Qui nous rendent mielleux

J'aime leurs yeux
Ils défendent une histoire
Ils n'ont plus peur du noir
L'esprit n'est plus frileux

J'aime car eux
Se délestent au passage
D'inutiles bagages
Qui encombrent nos jeux

J'aime les vieux
Pétris de certitudes
Épris d’habitudes
Ils font de leur mieux

J'aime le feu
Quand il devient braise
Encore chaud il s'apaise
Et sa beauté m'émeut


22/07/19
Iso Bastier

jeudi 20 juin 2019

Le grand saut




"La femme" et "L'homme" - Série Parchemin - Iso Bastier 




Le grand saut


Vivre au bord de l'existence
Au bord du précipice
N'avoir aucune distance
Être collé à la lice

Lever les yeux au ciel
Pour ne pas regarder en bas
Croire au providentiel
Ne pas baisser les bras

Sentir l'attrait du vide
L'aspiration vers l'inconnu
Voir la surface avide
Considérer d'autres issues

Souffler dans le vent
Maintenir l'équilibre
Faire un pas en avant
Se sentir enfin libre

D'avancer sans béquille
De franchir la frontière
Pour se sentir tranquille
Sans retour en arrière

Vivre au bord de l'existence
Revêtu d'une simple peau
Apprendre la transcendance
Pour un jour faire le grand saut


Iso Bastier
20/06/19

mercredi 17 avril 2019

Le sentier



"La danse du soleil"- Acrylique - Iso Bastier 






Le sentier

Les pieds dans la terre rouge
Je suis le sentier de fleurs et d'ordures
Sans cesse le soleil bouge
Contre l'horizon de mer dure

La poussière et les libellules
Traversent la rivière d'herbe rêche
Où les bousiers font des bulles
De merde que le vent sèche

Les mains moites. Les joues rouges.
Je suis le sentier à l'écart des voitures
Même le soleil connaît des bouges
D'où il ressort en mauvaise posture

Au crépuscule, il se sauve
Alors je n'en vois pas la fin…
Le sentier devient mauve
Quand le ciel est carmin

Les Lucioles et les cigales
Traversent une rivière d'ombre
Où dorment les chiens et la gale
Avant que les étoiles soient en nombre

Épaules voûtées. Nuque basse.
Je suis le sentier attentive.
Moins la lumière l'embrasse
Plus baisse la perspective

La nuit s'abat violemment
Là, je ne suis plus certaine
Du sens de mes mouvements
Du parcours que j'égraine

Poissons et papillons de nuit
Traversent une rivière d'Opale
J'arriverai quand ce sera fini
Avec ou sans mes sandales

Les pieds dans la terre noire
J'avance à tâtons sur le sentier
Hormis cette pâle lune d'Ivoire
Tout semble avoir rapetissé

La poussière d'étoiles et les chouettes
Traversent ce bleu de Prusse
Qui connecte toutes les planètes
Créant des montagnes russes

À pieds joints dans l'univers
Je suis le sentier de mon cœur
L'instinct de la vie tend vers
Ce qui garantit le meilleur



Iso Bastier
17/03/19

lundi 8 avril 2019

Re


"Cyber Punk" - Collage et Encre - Iso Bastier 


Re

Repartir. Revenir.
Ralentir l'à venir.
Remonter le temps.

Repentir. Ressurgir.
Retentir d'avenir.
Retenter autant.

Rajeunir. Re rosir.
Refleurir. Rejaillir.
Ressusciter l'avant.

Ressentir et jouir.
Re sourire et rire.
Honorer le vivant.


Iso Bastier
8/04/19

vendredi 22 février 2019

Point



"Sunset" - Aquarelle - Iso Bastier




Point

Il n'est point d'origine.
Qu'un éternel élan...
Mouvement qui se décline
Dans l'espace et le temps

Je vais revoir la côte
Érodée par ma vie
J'attendrai la marée haute
À marée basse je m'ennuie

Il est un point sublime
Où le soleil se pend
Pour que ses rayons ultimes
Traversent l'âme des gens

Tout n'est qu'un point de vue
Un conditionnement
Mouvements et imprévus
Nous lâchent dans le vent

Jamais de point final
Car le Verbe est éternel
J'irai me perdre jusqu'au canal
En repensant au goût du sel


Iso Bastier
22/02/19

jeudi 7 février 2019

Dans le vent









Dans le vent

Le vent siffle à mon oreille
Tel un gars de la rue
Du genre de ceux qui veillent
Sur l'esprit moins qu'à la tenue

Ça sent l'hiver humide
Le dégel malgré le froid
Les arbres sont frigides
Quand on les touche du doigt

Un ciel blanc de craie
Parcouru de merles sombres
Garde nos pensées au frais
Et en jette, vu le nombre

Sûr ! Les cimes sont lointaines
Les neiges éternelles fondent
Je boirai à leurs fontaines
Jusqu'à ce qu'elles nous inondent

Le vent gifle sans pareil
Tel l'ami qui t'a déçu
Les joues encore vermeilles
Et oui ! Tu t'assois dessus !

Ça sent un peu le roussi
L'ombre d'un automne tardif
Les feuilles finissent en bouillie
Le Crépuscule tel un récif

Un ciel noir de geai
Parcouru d'électricité
Garde nos rêves au frais
Pour l'espoir,  la félicité

Sûr ! C'est pas encore l’éden !
L'or tout feint, l'argent fuit
Mais la vie en vaut la peine
Je ne parle pas des nuits...


Iso Bastier
7/02/19


mardi 5 février 2019

Gilet Jaune



Gilet Jaune

Addict à la combustion
J'ai mis le feu à ma mission
Qu'importe les contributions !
Qu'importe les rétributions !

Pour la fin l'auto combustion
S'enfuir à l'incinération…
Qu'importe les permissions !
N'importe que la transmission !

J'ai mis le feu à la situation
Aux pompiers l'extinction
Qu'importe le blé de la nation !
Qu'importe pourvue la réaction !

Addict aux manifestations
Je flirte avec les infractions
Qu'importe le temps de la faction !
Qu'importe le fake ou la fiction !

Aux enfers la damnation !
Rien ébranle mes convictions
Qu'importe les condamnations !
Qu'importe l'administration !

La rage ignore la raison
La rue est devenue ma maison
Qu'importe orage et division !
Qu'importe les contradictions !

Je scande mon insatisfaction
J'exige de l'humanisation !
Qu'importe l'ordre ! L'or en fusion !
Tout ! Sauf ne rien remettre en question !



Iso Bastier
5/02/19

mercredi 12 décembre 2018

Parisien





Parisien


J'écoute chuter la pluie
Dans la belle Paris la nuit
Les feux sont enfin éteints
Le sommeil est un calme feint

Le Triomphe des monuments
Se tait, tagué à l'anarchie
L'Élysée est moins arrogant
Que ses sombres hiérarchies

J'écoute dégouliner la pluie
Comme autant de larmes subies
Par tous les rats de la capitale
Pris au piège de la rage hivernale

Car le Parisien est toujours méprisé
Par les élites, les banlieues, les provinces
Sa ville aux journaux télévisés
Est un symbole qui l'évince

Il coule comme la pluie
Anonyme entre les murs gris
Écrasé d'incompréhensions 
Victime au nom de la Nation


Iso Bastier 
12  12  2018


jeudi 8 novembre 2018

Runaway



Photo by Iso 



Runaway

Are you trapped in the mood ?
Are you out of the wood ?
Follow the sound of my voice
Follow me if you have no choice

Free yourself looking at me
Our difference is how to be
How to learn life’s heritage
How to stay on the stage

Where your brain wants to go
Island’s cage. Human’s ego
Follow the sound of your voice
Your instinct when you have no choice

Free me looking at you
Our difference is how to do
How to act life’s heritage
How to runaway of the cage


8/11/2018
Iso Bastier

dimanche 4 novembre 2018

Usine à fric





Usine à fric

Se perd t’on dans la nature
À armer les dictatures
Légitimer les génocides
En gardant un ton placide ?

Pas de cas de conscience
Pas de loi, de mémoire
Que des huiles et leur science
Des contrats dans le noir

Des morts flous déjà loin
Populations du brouillard
Dont on ne fait pas foin
Gisent sans un égard

On s'en lave les mains
Pour raisons économiques
Quand meurent la terre et le vin
Restent les usines à fric.


4/11/2018
Iso Bastier

jeudi 13 septembre 2018

Bonheur


"Tree's eyes" - Photo by Iso



Bonheur

Le bonheur n'a besoin de rien
Pour tenir dans ta main
Grain de sable, graine, pépin
Il exige de grandir sans frein

Le bonheur n'a besoin de rien
Il ne s'achète pas en magasin
À toi chaque jour de le faire tien
D'amour, d'espoir naît son chemin

L'amour n'a besoin de rien
Quoique d'un peu d'entretien
Il croît quand on lui veut du bien
Il reste comme les bons copains


13/09/2018


Iso Bastier

mercredi 1 août 2018

Notre-Dame de Fatima


"La Sainte Trinité"- Peinture Alimentaire - Iso Bastier 



Notre-Dame de Fatima


Des torrents de lave
Pour les esprits d'en bas
Des rictus qui bavent
Le branle-bas de combat

L'enfer a commencé
Dès la première guerre
L'horreur a ensemencé
Les cœurs faits de terre

Au fond des tranchées
De ces affreuses artères
La mort s'est déhanchée
Préparant ses arrières

Dictateurs de l'effroi
Prélats des bénéfices
Et cette crise de la foi
Le glas des offices

Si au soir des églises
Tombe l'homme en blanc
Parce que l'humain s'enlise
À ne faire que semblant

Tout peut être perdu
De ce vieux continent
Aux regrets éperdus
Des esprits abstinents

Qui craignent de mourir
Optant pour la douleur
D'un corps voué à pourrir
Plutôt que la douceur

D'une âme déjà en paix
Visant l'étape prochaine
Traitant la vie avec respect
Chaque maillon de sa chaîne

L'amour n'a pas de prix
Bien que l'homme l'estima
Au sein rayonnant d'esprit
De Notre-Dame de Fatima



Iso Bastier
1/08/2018




mercredi 4 juillet 2018

Coûte que coûte




"Couchant"- Encre -Iso Bastier 




Coûte que coûte

Je suis cet homme à pied
Qui découvre la route
Qui s'aventure sur les sentiers
Suant d'efforts et de doutes

Cet homme qui avance
Coûte que coûte

Je m' abandonne au passage
Livrant des poussières de moi
Je transforme les paysages
Qui me laissent à l'étroit

Je suis le grand marcheur
Que l'horizon écoute
Le voyageur, l'éclaireur
Du fond de la soute

Cet homme qui avance
Coûte que coûte

J'erre. Je muse, me balade
Sur le corps de la planète
Je cours, trépigne, gambade
Me relève, me projette

Je suis le randonneur
Que la distance floute
Je connaîtrai l'ailleurs
D'ailleurs déjà j'y goûte

Tel l'homme qui avance
Coûte que coûte


4/07/2018
Iso bastier

dimanche 17 juin 2018

Absence


"La porte" - Huile - [55 X 46] - Iso Bastier 


 

Absence

 

J'aime la lumière

Des miroirs où tu te baignes.

Tu y nages en arrière

Dans le soleil qui saigne.

 

Tout au bout du couloir

La porte reste close.

Le lambris vire au noir

Contre le papier peint rose.

 

Le vent dans le carillon

Ouvre la porte d'un coup sec.

Est-ce l'effet papillon ?

La campagne qui tape du bec ?

 

Le soleil aime la poussière

Et les musiques nostalgiques.

Alors il fait danser l'air,

Ranime les instants magiques.

 

L'espace se brouille et vibre

Comme la lueur d'un feu.

Le jour demeure clair et libre

Tant que la nuit compte peu.

 

J'avance dans ce couloir

Qui semble pourtant se diluer

Telle une ancienne peur du noir

Qui cesse de vous effrayer.

 

L'horloge bat dans mon cœur

Comme le sang à mes tempes.

Mes doigts glissent inquisiteurs

Sur le mur, le long de la rampe.

 

Puis je descends cet escalier

Aux marches bien trop courtes,

Retenant mon souffle sur le palier.

Que ma mémoire s'écourte !

 

Je referme la porte. Le ciel

M'éblouit de sa vaste présence

En ce présent devenu artificiel

Depuis l'heure de ton absence.

 

 

Iso Bastier

17 06 2018

 

vendredi 15 juin 2018

La belle


Désordre- Huile - [55 X 38] - Iso Bastier 



La belle

 

Je t'ai reconnue.

Tu rodes en silence,

Éternelle inconnue

À l'ombre blanche.

Respiration retenue,

Regard en absence,

La belle inconnue

N'attend pas le dimanche.

Je t'ai entendue

Faire taire les alentours

Jusqu'aux oiseaux perdus

Et même les vautours.

Sous ton air ingénu,

Tu joues souvent des tours.

Quand on gît, étendu,

Tu te tiens tout autour.

Ce n'était pas prévu,

Cette invitée rebelle

N'avait pas prévenu

D'une venue éventuelle.

On joue les ingénus

Quand se pointe la belle

" Oui mais si j'avais su...

J'aurais pris une pelle."

 

 

Iso Bastier

15 06 2018

 

Depuis l'Éther


"Courant d'air"- Acrylique - Iso Bastier 



Depuis l'Éther

 

Tu n'es pas mort

Pas mort sur Terre

On pense à toi

On persévère

 

Tu n'es pas mort

Telle la poussière

Tu te déploies

Possèdes l'air

 

Tu n'es pas mort

Tu es lumière

Si je larmoie

Ce sont mes nerfs

 

Tu n'es pas mort

Pas mort sur Terre

J'entends ta voix

Depuis l’Éther

 

 

Iso Bastier

15 06 2018

 

vendredi 25 mai 2018

La fuite


Cavalcade - Huile - (55X38] - Iso Bastier



La fuite

 

Tapons la fuite

La suite viendra...

Vertige des limites

Qu'on enfreindra...

Des précipices...

Des précipitations...

De bons auspices

Et des lamentations.

Tapons la fuite

La suite viendra...

Plutôt trop vite

On en conviendra...

La jeunesse dévisse

À chaque saison.

Les heures ravissent

Les vertes intentions.

Tapons la fuite

La suite viendra...

L'espoir s'invite

Qui le retiendra ?

Des maléfices...

Des superstitions...

Des sacrifices...

Des ambitions...

Tapons la fuite

La suite viendra...

 

 

Iso Bastier

25 05 2018

 

mercredi 23 mai 2018

Rêves


Système - Huile - Iso Bastier


Rêves

 

Au loin l'air du périphérique

Joue en sourdine en nocturne

Accompagnant de sa rythmique

Les dormeurs dans leurs turnes

 

L'atmosphère enfle de leurs rêves

Qui crèvent au petit matin

Comme des bulles qui s'élèvent

Avant d'éclater en chemin

 

Ces petits cailloux mobiles

Écrasés d'un sommeil de plomb

Ricochent fiers et agiles

Avant le réveil d'un bond

 

 

Iso Bastier

23 05 2018

 

samedi 12 mai 2018

Le passant


"Jardin de Bercy" - Photo by Iso


Le  passant

Il est loin l'air de la mer
Quand le zinc couvre mon âme
Exiguïté d'une armure  de fer
Dans le flux continu de Paname

Le ciel casqué de toits gris
Semble plus court, moins éternel
Il traîne des nuages de soucis
Fume des joints industriels

Il est loin l'air doux et tiède
Des îles idéales où l'on s'échappe
Ici l'ennui est le seul remède
Avant de passer à la trappe

Des ruelles, des pavés, des trottoirs
Des places, des cours, des impasses
Et partout la même histoire
Vie et mort de celui qui passe


Iso Bastier
12/05/2018

Prendre


"La sportive"- Acrylique - [40X50] - Iso Bastier 


Prendre

 

Prendre dans ses bras

Le silence d'un autre

Le consoler tout bas

 

Prendre dans ses mains

L'avenir d'un autre

Le pousser vers demain

 

Prendre sur soi parfois

D'être meilleur qu'alors

Pour se prouver sa foi

 

Prendre de la hauteur

Pour observer la vie

Dont on est l'auteur

 

Prendre de la distance

Pour mieux se rapprocher

Des choses d'importance

 

Prendre son pied surtout

Jouir de cette expérience

Pour apprendre de tout

 

 

Iso Bastier

12 05 2018


 

lundi 30 avril 2018

Debout Assis Couchés




Debout Assis Couchés


Les gens debout nerveux et fiers
N'ont pas peur du chemin à faire
Le pied levé et la tête ailleurs
Ils parcourent la vie en éclaireurs

Les gens assis, rêveurs, contemplatifs
Voyagent à l'intérieur, un peu craintifs
La main posée, l'air mélancolique
Ils se fondent dans la musique

Les gens couchés n'ont pas d'âge 
Le repos se prend sans bagage
Le corps abandonné, l'esprit sans limite
Ils s'animent dès lors qu'ils s'alitent. 


30 04 2018 
Iso Bastier 


mercredi 11 avril 2018

BOOMERANG

"Déchirures" - Technique Mixte - Iso


Boomerang

Le vent nous en promet
Or l'aube demeure grise
Même le ciel n'est pas frais
Le jour jette sa chemise

Ce vent qui rabat nos déchets
Qui nous les crache à la gueule
Pas une caresse. Ce vent mauvais
L'air de rien se déroule et dégueule

Sur les plages de l'humanité
Tout ce qu'elle a de dégueulasse
Boomerang barré de l'imbécilité
Nous vivons dans notre crasse



11 04 2018
Iso Bastier






lundi 12 mars 2018

Tel un vieil...


"L'ermite dans le cosmos" - Huile - Iso Bastier 




 

Tel un vieil...

 

Je fais face au soleil

Tel un vieux tournesol,

La chaleur se fait miel

Dès qu'on quitte le sol.

 

Je tourne autour du monde.

L'univers tourne autour de moi.

Tous embarqués dans la ronde

De la vie qui se déploie.

 

Je plonge dans le sel

Tel un vieux hareng,

Je conserve mon fiel

Quand la foule m'harangue.

 

Je tourne autour du monde.

L'univers tourne autour de moi.

Les planètes telles des secondes

Qu'on m'accorde avec toi.

 

Je me roule dans l'herbe

Tel un vieil hérisson,

Plus piquant qu'acerbe,

Je donne le frisson.

 

Je tourne autour du monde.

L'univers tourne autour de moi.

Têtes brunes, têtes blondes,

C'est selon le climat.

 

Je grimpe aux arbres

Tel un vieux lémurien,

Je sais rester de marbre,

Faire comme si de rien.

 

Je tourne autour du monde.

L'univers tourne autour de moi.

Tant que la nature est féconde

Au fond je ne m'en fais pas.

 

 

Iso Bastier

12 03 2018

jeudi 8 mars 2018

Naïade


"La crique" - Huile - Iso Bastier 



Naïade

 

Je marche seule dans la mer.

Je vais rejoindre ma mère

Qui me met au courant.

 

Je m'évapore dans l'atmosphère

Abandonnant tous mes repères

À la lumière du couchant.

 

Je ne reviendrai pas en arrière,

Portée par trop d'hier,

Je regarde vers l'avant.

 

J'avance au loin dans la mer,

Dans ses scintillements lunaires,

Puis disparais dans le vent.

 

 

Iso Bastier

8 03 2018

 

mardi 6 mars 2018

Les amours


"Cosmik lovers" - Huile - Iso Bastier 


Les amours

 

Passées les amours gaies,

Vient l'heure des arrangements.

On ne nage plus, on pagaie.

On se tait plus qu'on se ment.

 

Un horizon pour deux visions.

Un même décor pour deux corps.

On parle avec la télévision

Pour trouver un terrain d'accord.

 

Viennent les amours vraies,

Leurs silences, leurs tourments.

L'ivresse après l'ivraie.

Le sens de l'engagement.

 

Une vérité pour deux raisons.

Une volonté pour deux efforts.

Deux maçons pour une maison,

Havre du réconfort.

 

Fané l'amour tout frais

C'est de l'horloge qu'on dépend.

On organise les étapes relais,

Le confort que l'on défend.

 

Plus d'ambition, que des options,

Des regards qui suffisent.

L'hiver sans le moindre frisson.

Seules les nostalgies nous électrisent.

 

Surgissent fantasmes et regrets

Tels d'horribles revenants,

On les ignore par respect,

On joue le jeu du présent.

 

Passée la jeunesse de geai,

Arrive l'heure des grands.

On s'encroûte. Et si on changeait ?

Si nous restions adolescents !

 

 

Iso Bastier

6 03 2018


 

lundi 5 mars 2018

Coincée


"Lost time" - Huile - Iso Bastier 


Coincée

 

Coincée entre deux mondes,

Paradoxalement décalée,

Je regarde à la ronde

Ce qui pourrait arriver.

 

Je ressens les effluves

Des possibilités,

Les pieds dans le pédiluve

De l'humanité.

 

Coincée entre deux âges,

Anormalement étiolée,

Je m'évade en paysages,

Je rêve de nuits étoilées.

 

Je ressens les prémices

Du drame des naufragés.

Me frôlent les hélices

D'un navire étranger.

 

Coincée entre deux langues

Et tant d'autres langages,

J'ai l'expression qui tangue

Entre incompréhension et partage.

 

Je ressens les symptômes

D'une agressivité.

Les cerveaux sous leurs dômes

Sont en suractivité.

 

Coincée entre deux êtres,

Le biologique et l'éthéré,

Je multiplie les raisons d'être.

J'ai cessé d'être athée.

 

Je ressens les bienfaits

De ma complexité.

L'équilibre tenu en respect,

Ne reste plus qu'à exister.

 

 

Iso Bastier

5 03 2018