mardi 25 décembre 2001
Le pays rêvé
mercredi 19 décembre 2001
Cohésion
samedi 2 décembre 2000
Ta voie
"L'étoile"- Encre Indienne - [40X50] - Iso Bastier
Ta voie
Ne sois pas dans le vague,
Assez de ce silence,
Finis les coups de dagues,
Désormais on avance.
On prend sur soi de mûrir
Comme on apprend à marcher.
Au début il faut se garantir
Pour ensuite galoper.
Ne pas craindre de naître,
Préserver les jolis bonheurs
Qui accoutument au bien-être,
Tout en méprisant les leurres.
Il faut se comprendre
Pour paver son chemin.
Aux évidences se rendre
Et se prendre en main.
Peux-tu te faire confiance ?
Compter sur ton jugement ?
Ton instinct ? Tes déviances ?
Tes songes et tes serments ?
Où vont tes racines vivantes ?
Quel est ce monde que tu es ?
Qu'importe que tu te vantes
Si tu sais ce que tu fais.
Ne reste pas indécis,
C'est une errance profonde.
Écoute de ton cœur les bruits,
Ces palpitations fécondes.
Tu es cet arbre dans la forêt
Jouant dans les reflets du ciel,
Qui suce la force des engrais
De sa terre maternelle.
Ton énergie n'est pas vaine,
Elle construit au-delà de toi,
Du moins si elle est saine,
Si ta tête a un toit.
Il te faut travailler
Rien n'est gagné d'avance.
Il est si bête de railler
En attendant la Providence !
Que vois-tu ? Que veux-tu ?
Où vit ton enthousiasme ?
Tes angoisses ? Ta vertu ?
Et tous leurs pléonasmes.
Va te cogner pour avoir mal.
Caresse pour aimer la douceur.
Il y a en nous de l'infernal
Aussi de radiantes couleurs.
Trouve ton équilibre,
Ta voie, ton étoile, ta quête.
Sois juste et tu seras libre
Quelles que soient les tempêtes.
Iso Bastier
2/12/2000
mardi 17 octobre 2000
S'ouvrir
"Tiger Lilly" - Huile sur bois - Iso Bastier
S'ouvrir
Il est temps de s'ouvrir
Pour pouvoir recevoir.
Temps d'offrir des sourires
Pour qui veut bien les voir.
Rayonner doucement,
Plus d'agressivité
Qui fait serrer les dents,
L'harmonie méritée.
Il faut vouloir la vie
Pour ne pas la confondre
Avec l'asphyxie,
Peu à peu tu t'effondres.
Le temps de s'apprécier,
De connaître la paix.
Enfin se partager
Sans se perdre tout à fait.
Assumer sa douceur
Face à la colère qui monte
Mais se battre en vainqueur,
Ne jamais avoir honte.
Entre la plume et le vertige
Je vis l'intense paradoxe
D'un corps voué au vestige
Et d'un esprit d'équinoxe.
J'écris la main rebelle
Lors de nuits envoûtantes
M'offrant d'autres visuels
Aux pensées plus brillantes.
Assise dans la pièce jaune,
Mon chien collé à la jambe,
J'observe les jeux des faunes
Parfois je les enjambe
Ils courent, ils s'affolent,
Bruyants dans la masure.
Bougent les lumières lucioles
Où les ombres font démesure.
Le petit peuple s'agite,
Me souffle ses inquiétudes.
Je lui offre le gîte,
Notre monde est si rude !
Ils ont peu de manière
Quoique le cœur gentil.
Leurs voix sont particulières
Se sont de petits cris.
Ils envoient des messages
Dans notre noir de bruits.
Qu'importe qu'ils soient sages,
Ils ont droit à la vie !
Par nous trop ignorés,
Ils pensent à la révolte.
Ils aimeraient l'orée
De nouvelles récoltes.
Il est temps d'écouter
Les détresses qu'on clame,
Sans les prendre en pitié,
Ni les mettre en réclame.
Il est temps de s'ouvrir,
D'éclore au renouveau,
Pour ne pas se mentir
Par amour de l'ego.
Rayonner doucement.
Ne plus être excessif.
Aimer être vivant
Pour rester positif.
Iso Bastier
17/10/2000
mercredi 20 septembre 2000
Dès l'aube
Dès l'aube
L'aube se lève devant moi.
Elle m'intime de progresser
M'enveloppant de sa soie,
De sa subtile luminosité.
Tel au jour de ma naissance
Où elle m'a ouvert les yeux,
J'étais aveugle quant au sens
Ignorant ce que serait l'enjeu.
Elle s'élève avec les oiseaux
Qui fêtent le retour du jour.
Elle scintille sur les cours d'eau
Métallique ou velours.
Elle s'adresse au monde
Le ramenant à la vie.
Sa fragilité nous inonde,
Nous sépare de nos nuits.
Qu'il fait frais le matin
Pour quelques idées neuves !
Rien n'est vraiment certain.
Nous attendent les épreuves.
Quels que soient le climat,
L'humeur et l'avenir,
Notre degré d'anonymat,
Il nous faut revenir.
Avancer d'un pas puis deux,
Aller-retour de nos efforts,
Selon la confiance que l'on a
Et ce que l'on tire au sort.
L'aurore fait de l'or
Sous l'horizon qui perle.
Le soleil prend son essor
Escorté du chant du merle.
L'aube nous renvoie à nous-mêmes.
Elle plante son rayon franc
Au cœur de nos problèmes
Juste au-dessus du flanc.
Combien de renaissances
Pour combien d'abandons ?
De retour en puissance ?
Comment se dire pardon ?
L'aube se lève encore une fois...
Mécanisme merveilleux !
Ouvre les yeux et vois
Ce que ton âme veut.
Iso Bastier
20/09/2000
samedi 8 juillet 2000
Mutation
Mutation
S'il suffisait de regarder le ciel
Pour s'élever, se soulever,
S'il nous poussait des ailes
Pour nous apprendre à s'envoler.
S'il suffisait d'avoir deux pieds
Pour rendre à la terre ses honneurs,
Se fondre à notre réalité
Pour qu'elle ne soit pas un leurre.
J'ai marché sur les chemins
Que mes visions avaient créés
N'y trouvant que des mains
Juste prêtes à frapper.
Que de ronces poussent ici,
Dans ce climat presque tropical
Des grandes villes d'asphyxie
Qui passent à l'heure végétale.
Les hommes comme les plantes,
Posés dans leurs appartements,
Se laissent pousser, fermentent
D'étranges comportements.
Ils en ont oublié le ciel
Qui a nourri quelques espoirs.
Depuis l'enfance artificielle
Ils ont appris à ne plus voir.
Ils en ont bafoué la terre.
Cœurs de béton, de ciment.
Serait-ce l'effet de serre ?
Ils dorment en vivant.
Dans cette crasse plus qu'animale
Qui ne laisse place à l'illusion,
Les croyances tendent vers le mal,
Les excès et la répression.
Tournés vers de futures saisons
Nous régressons pourtant sans fin.
Pensez aux grandes civilisations
Qui connaissent désormais la faim.
Nous croyons avoir des réponses
Qui mettent à mort le divin.
Mauvaises herbes et ronces
Ont elles aussi un destin.
S'il suffisait de regarder le ciel
Pour se faire un bel horizon !
C'est comme de balancer du sel
En cas d'affreuses prévisions.
Il faut avoir les pieds sur terre,
Savoir se servir de ses mains.
Donnant trop foi à la poussière,
Nous ne sommes plus humains.
J'ai rencontré des créatures
Qui ignoraient ce qu'elles étaient.
Il y a de toutes les natures,
Il y a de tous les déchets.
Nombre de métamorphoses
Peuplent la nuit de nos cités.
J'y ai vu souvent des choses
Qui m'ont fait regretter...
D'avoir connu la fange,
Ses galeries, son labyrinthe,
Ces endroits où tout dérange,
De l'horreur et des feintes.
Des corps endommagés
À la perdition des esprits
Qui ne sachant plus où s'échouer,
Tournent à l'infini
Dans le si peu d'espace
Qu'ils ont pu s'octroyer,
Qu'ils se tiennent en rapaces
Où se laissent noyer.
Certains ont vu le ciel
De si près à vrai dire,
Icares intemporels
Je les ai vu mourir.
D'autres, amants de la terre
Se sont plantés d'un coup
Souvent dans un cimetière.
Ils auront fait leur trou.
Je marche sur le chemin
Que ma vision vient de créer.
Je vis au jour de demain,
Le présent ne m'a pas maîtrisé.
J'évite souvent le lierre,
Les trop de générosité,
Ils cachent souvent la pierre
Comme seule vérité.
Il me suffit de regarder le ciel
Pour entendre ses messagers.
L'imaginaire est bien réel
Quand on parvient à le fixer.
Je retourne vers ces terres
Qui jugent sans compromission.
J'ai peur de savoir qui je sers
Au bout de tant de mutations!
Iso Bastier
8/07/2000
jeudi 4 mai 2000
Libellules
Libellules
Les rayons du soleil
Traversent les rideaux bleus.
On songe aux abeilles
Et autres insectes curieux.
Assis sur le parquet ciré
Qui sent le pain d'épice
Ou qui y fait penser
Par quelques artifices,
On imagine, là-bas, le ciel,
Qui est le même partout.
Sauf cas accidentels,
Il est là et c'est tout.
Petit vent doux de chaleur,
Frémissent les rideaux bleus.
Il doit être quatre heures
Mon estomac est creux.
Le silence existe aussi
Pour ces instants de quiétude.
Il s'introduit tel un ami
Qui vient offrir un interlude.
Qu'on se sent détendu
Dans la chambre abandonnée
Par tous ces malentendus,
Tous ces sommeils agités.
Je vais rejoindre le jardin
En passant par la cave.
Ça m'impressionne un brin,
L'adrénaline rend esclave.
Quoique bien réfléchi
Je passerai par derrière,
Les herbes auront déjà fraîchi
Sous une autre lumière.
On se retrouve dehors
Alors le monde s'agrandit,
On sautille, on sort
De la maison rétrécie
Qui pourtant telle une mère
Nous protège encore un peu.
Le potager, la jardinière,
Les arbres devant les yeux.
Il y a des bruits de partout,
Mais j'irai jusqu'au fond
Où je penserai au loup
Pour n'y faire qu'un bond.
Puis repartir en courant
Vers la fenêtre qui s'allume
Car il fait noir d'un coup franc,
On peut y laisser des plumes.
On va bientôt manger,
La maison se réanime.
Des odeurs sans âcreté,
On s'affaire en cuisine.
Je referme la porte
Sans me faire remarquer
Et remonte sans escorte
L' épuisant escalier.
Dans la chambre-jardin
Je m'allonge sur le sol,
La tête entre les mains,
Le regard qui s'envole
J'admire le crépuscule,
La rencontre des mondes.
Le temps en moi se bouscule,
La Terre n'est plus ronde.
Le long des rideaux bleus,
Je contemple la nuit.
La lune dans son halo creux,
Ses cratères et ses puits.
Mais voici qu'on m'appelle,
J'entends que ça hulule.
Je réponds en crécelle,
J'envoie des libellules.
4/05/2000
Iso Bastier
jeudi 6 avril 2000
Depuis l'enfance
"Code barre ou Code génétique"- Encre Indienne - Iso Bastier
Depuis
l'enfance
Déjà depuis l'enfance
J'avais des rêves rares
Des accès de démence
Des visions sans hasard
Je repeuplais ma tête
D'images inconnues
Quand la magie inquiète
Lorsqu'elle ouvre les nues
D'immenses labyrinthes
De l'acier et du fer
Des peuples faits de feintes
Des centrales nucléaires
Déjà depuis l'enfance
J'avais songé beaucoup
Sur le monde en errance
Sur les hommes et les loups
Je repeuplais la terre
De races méconnues
Quand la magie opère
Lorsqu'elle vous met à nu
Le fantasme insolite
D'êtres couverts de lanières
De cuir répétant le rite
D'une tendance guerrière
Déjà depuis l'enfance
Je maîtrisais le ciel
Un peu trop en confiance
Je me sentais rebelle
Je recréais ma vie
D'images bien connues
Qui venaient de l'esprit
De la vie et des rues
De ces scènes qui suintent
Comme des combats de chair
De l'amour, des étreintes
Passion de la matière
Déjà depuis l'enfance
J'étais ce que je suis
Maladies et méfiances
Qualités et acquis
J'étudiais tant ma tête
Qui m'était imprévue
Je suis toujours en quête
De mon autre inconnu
Je l'invente au passage
De quelques suggestions
D'ailleurs il n'a pas d'âge
Là n'est pas la question
Déjà depuis l'enfance
Je voyageais dans l'ombre
Des nuits d'inconstance
Quel personnage sombre !
Un caractère inquiétant
Selon certaines sources
Ce qu'en pensent les gens
Indiffère mes ressources
Qu'en cas de dépression
En mon jardin intime
Entre mes impressions
Mes choix et mon estime
Vit ce monde en partance
Fait de sincérité où volent
Des oiseaux de faïence
Dessinés à même le sol
Ce monde de l'enfance
Où vit ma liberté
La désinvolte élégance
D'un humain protégé
On surgit de nul part
Du néant et voilà
Que l'on naît quelque part
Nous en sommes tous là
Iso Bastier
6/04/2000





