mardi 3 mai 2005
Lulu
jeudi 1 mai 2003
L’abstrait
samedi 19 avril 2003
Sosie
Sosie
L’époque de la lumière
Est révolue.
On garde les pieds sur terre,
On évolue
Mais le ciel s’est fermé.
Tu conserves un éclair
Dans ton œil
Toujours très grand ouvert,
Un brin d’orgueil,
Fierté de ton entier.
L’inconscience en mémoire,
L’instinct en guide,
Tu marches dans le noir
Dans ta nuit qui se ride
En quête de toi-même.
Tu déchiffres un espoir
Tel un beau hiéroglyphe
Car ton cœur croit savoir
Ce qu’a connu Sisyphe,
Ce que les pierres entraînent.
Le goût de la puissance
Se tarit dès la source,
Le génie de l’enfance
Se vide telle une bourse,
L’or enfoui par le temps.
Quoiqu’il en soit tu avances,
Tu te bats comme un ours.
La vie te donne un sens,
Des épreuves, des ressources,
L’âme vivante du sang.
Tu sers un équilibre
En le cherchant sans cesse.
Tu songes à être libre.
Tu subis tes faiblesses.
Il t’est offert de douter.
Dans l’univers vibrant
Le monde est en détresse.
Qu’advient-il du vivant ?
La Terre n’est qu’une adresse
Avant d’y être enterré.
Les atomes de la poussière
Sont gris,
Autant de noir que de clair,
De l’infini.
Ils ont la couleur du silence.
Tu es ton ombre familière,
Ton seul ami,
Ta vague venue de l’amer,
Ton sosie.
19 04 2003
Iso Bastier
mardi 18 mars 2003
Sait-on pourquoi ?
mardi 25 décembre 2001
Le pays rêvé
mercredi 19 décembre 2001
Cohésion
samedi 2 décembre 2000
Ta voie
"L'étoile"- Encre Indienne - [40X50] - Iso Bastier
Ta voie
Ne sois pas dans le vague,
Assez de ce silence,
Finis les coups de dagues,
Désormais on avance.
On prend sur soi de mûrir
Comme on apprend à marcher.
Au début il faut se garantir
Pour ensuite galoper.
Ne pas craindre de naître,
Préserver les jolis bonheurs
Qui accoutument au bien-être,
Tout en méprisant les leurres.
Il faut se comprendre
Pour paver son chemin.
Aux évidences se rendre
Et se prendre en main.
Peux-tu te faire confiance ?
Compter sur ton jugement ?
Ton instinct ? Tes déviances ?
Tes songes et tes serments ?
Où vont tes racines vivantes ?
Quel est ce monde que tu es ?
Qu'importe que tu te vantes
Si tu sais ce que tu fais.
Ne reste pas indécis,
C'est une errance profonde.
Écoute de ton cœur les bruits,
Ces palpitations fécondes.
Tu es cet arbre dans la forêt
Jouant dans les reflets du ciel,
Qui suce la force des engrais
De sa terre maternelle.
Ton énergie n'est pas vaine,
Elle construit au-delà de toi,
Du moins si elle est saine,
Si ta tête a un toit.
Il te faut travailler
Rien n'est gagné d'avance.
Il est si bête de railler
En attendant la Providence !
Que vois-tu ? Que veux-tu ?
Où vit ton enthousiasme ?
Tes angoisses ? Ta vertu ?
Et tous leurs pléonasmes.
Va te cogner pour avoir mal.
Caresse pour aimer la douceur.
Il y a en nous de l'infernal
Aussi de radiantes couleurs.
Trouve ton équilibre,
Ta voie, ton étoile, ta quête.
Sois juste et tu seras libre
Quelles que soient les tempêtes.
Iso Bastier
2/12/2000
mardi 17 octobre 2000
S'ouvrir
"Tiger Lilly" - Huile sur bois - Iso Bastier
S'ouvrir
Il est temps de s'ouvrir
Pour pouvoir recevoir.
Temps d'offrir des sourires
Pour qui veut bien les voir.
Rayonner doucement,
Plus d'agressivité
Qui fait serrer les dents,
L'harmonie méritée.
Il faut vouloir la vie
Pour ne pas la confondre
Avec l'asphyxie,
Peu à peu tu t'effondres.
Le temps de s'apprécier,
De connaître la paix.
Enfin se partager
Sans se perdre tout à fait.
Assumer sa douceur
Face à la colère qui monte
Mais se battre en vainqueur,
Ne jamais avoir honte.
Entre la plume et le vertige
Je vis l'intense paradoxe
D'un corps voué au vestige
Et d'un esprit d'équinoxe.
J'écris la main rebelle
Lors de nuits envoûtantes
M'offrant d'autres visuels
Aux pensées plus brillantes.
Assise dans la pièce jaune,
Mon chien collé à la jambe,
J'observe les jeux des faunes
Parfois je les enjambe
Ils courent, ils s'affolent,
Bruyants dans la masure.
Bougent les lumières lucioles
Où les ombres font démesure.
Le petit peuple s'agite,
Me souffle ses inquiétudes.
Je lui offre le gîte,
Notre monde est si rude !
Ils ont peu de manière
Quoique le cœur gentil.
Leurs voix sont particulières
Se sont de petits cris.
Ils envoient des messages
Dans notre noir de bruits.
Qu'importe qu'ils soient sages,
Ils ont droit à la vie !
Par nous trop ignorés,
Ils pensent à la révolte.
Ils aimeraient l'orée
De nouvelles récoltes.
Il est temps d'écouter
Les détresses qu'on clame,
Sans les prendre en pitié,
Ni les mettre en réclame.
Il est temps de s'ouvrir,
D'éclore au renouveau,
Pour ne pas se mentir
Par amour de l'ego.
Rayonner doucement.
Ne plus être excessif.
Aimer être vivant
Pour rester positif.
Iso Bastier
17/10/2000
mercredi 20 septembre 2000
Dès l'aube
Dès l'aube
L'aube se lève devant moi.
Elle m'intime de progresser
M'enveloppant de sa soie,
De sa subtile luminosité.
Tel au jour de ma naissance
Où elle m'a ouvert les yeux,
J'étais aveugle quant au sens
Ignorant ce que serait l'enjeu.
Elle s'élève avec les oiseaux
Qui fêtent le retour du jour.
Elle scintille sur les cours d'eau
Métallique ou velours.
Elle s'adresse au monde
Le ramenant à la vie.
Sa fragilité nous inonde,
Nous sépare de nos nuits.
Qu'il fait frais le matin
Pour quelques idées neuves !
Rien n'est vraiment certain.
Nous attendent les épreuves.
Quels que soient le climat,
L'humeur et l'avenir,
Notre degré d'anonymat,
Il nous faut revenir.
Avancer d'un pas puis deux,
Aller-retour de nos efforts,
Selon la confiance que l'on a
Et ce que l'on tire au sort.
L'aurore fait de l'or
Sous l'horizon qui perle.
Le soleil prend son essor
Escorté du chant du merle.
L'aube nous renvoie à nous-mêmes.
Elle plante son rayon franc
Au cœur de nos problèmes
Juste au-dessus du flanc.
Combien de renaissances
Pour combien d'abandons ?
De retour en puissance ?
Comment se dire pardon ?
L'aube se lève encore une fois...
Mécanisme merveilleux !
Ouvre les yeux et vois
Ce que ton âme veut.
Iso Bastier
20/09/2000
samedi 8 juillet 2000
Mutation
Mutation
S'il suffisait de regarder le ciel
Pour s'élever, se soulever,
S'il nous poussait des ailes
Pour nous apprendre à s'envoler.
S'il suffisait d'avoir deux pieds
Pour rendre à la terre ses honneurs,
Se fondre à notre réalité
Pour qu'elle ne soit pas un leurre.
J'ai marché sur les chemins
Que mes visions avaient créés
N'y trouvant que des mains
Juste prêtes à frapper.
Que de ronces poussent ici,
Dans ce climat presque tropical
Des grandes villes d'asphyxie
Qui passent à l'heure végétale.
Les hommes comme les plantes,
Posés dans leurs appartements,
Se laissent pousser, fermentent
D'étranges comportements.
Ils en ont oublié le ciel
Qui a nourri quelques espoirs.
Depuis l'enfance artificielle
Ils ont appris à ne plus voir.
Ils en ont bafoué la terre.
Cœurs de béton, de ciment.
Serait-ce l'effet de serre ?
Ils dorment en vivant.
Dans cette crasse plus qu'animale
Qui ne laisse place à l'illusion,
Les croyances tendent vers le mal,
Les excès et la répression.
Tournés vers de futures saisons
Nous régressons pourtant sans fin.
Pensez aux grandes civilisations
Qui connaissent désormais la faim.
Nous croyons avoir des réponses
Qui mettent à mort le divin.
Mauvaises herbes et ronces
Ont elles aussi un destin.
S'il suffisait de regarder le ciel
Pour se faire un bel horizon !
C'est comme de balancer du sel
En cas d'affreuses prévisions.
Il faut avoir les pieds sur terre,
Savoir se servir de ses mains.
Donnant trop foi à la poussière,
Nous ne sommes plus humains.
J'ai rencontré des créatures
Qui ignoraient ce qu'elles étaient.
Il y a de toutes les natures,
Il y a de tous les déchets.
Nombre de métamorphoses
Peuplent la nuit de nos cités.
J'y ai vu souvent des choses
Qui m'ont fait regretter...
D'avoir connu la fange,
Ses galeries, son labyrinthe,
Ces endroits où tout dérange,
De l'horreur et des feintes.
Des corps endommagés
À la perdition des esprits
Qui ne sachant plus où s'échouer,
Tournent à l'infini
Dans le si peu d'espace
Qu'ils ont pu s'octroyer,
Qu'ils se tiennent en rapaces
Où se laissent noyer.
Certains ont vu le ciel
De si près à vrai dire,
Icares intemporels
Je les ai vu mourir.
D'autres, amants de la terre
Se sont plantés d'un coup
Souvent dans un cimetière.
Ils auront fait leur trou.
Je marche sur le chemin
Que ma vision vient de créer.
Je vis au jour de demain,
Le présent ne m'a pas maîtrisé.
J'évite souvent le lierre,
Les trop de générosité,
Ils cachent souvent la pierre
Comme seule vérité.
Il me suffit de regarder le ciel
Pour entendre ses messagers.
L'imaginaire est bien réel
Quand on parvient à le fixer.
Je retourne vers ces terres
Qui jugent sans compromission.
J'ai peur de savoir qui je sers
Au bout de tant de mutations!
Iso Bastier
8/07/2000






