mercredi 14 janvier 2026

Les champs


Les champs


Tous ces champs de chardons

Ne nous nourriront pas

Nos terres à l'abandon

Ne baissent pourtant pas les bras


La patrie des pâturages

Face au monde carnassier

Se teinte de désespoir et de rage

Aux ronds-points font des brasiers


Leurs larmes sont de sang

Face aux centaures en colère

Au pouvoir qui joue l'innocent

Tout en leur déclarant la guerre


Qu'est-ce qu'un pays sans paysans?

Qu'est-ce qu'un pays sans peuple?

Juste un carrefour pour des passants

Dont les cœurs se dépeuplent


Car une terre sans racine

Est un terreau d'infertilité

Que les mauvaises herbes minent

Sans jamais vous restaurer


Les campagnes ancestrales

Sont attaquées par le progrès

Qui vend son monde idéal

Pollué de mortifères engrais


Où l'organique est de trop

Au point qu'on y abat

Les hommes et les animaux

Qu'on prive la Vie de son combat



Iso Bastier 

14/01/26


 

mardi 13 janvier 2026

Agriculteurs



Agriculteurs


Quand la terre pleure

Le pays se meurt

Quand la terre meurt

L'humanité pleure


Le sacrifice de certains

Sert le bénéfice d'autres


Soumission par la peur

Manipulation des rancœurs 

Le tocsin sonne l'heure

Des peuples voués à l'horreur


Le sacrifice de certains

Sert le bénéfice d'autres


Le sang perle sous la sueur

La colère devient fureur

Devant l'indifférence et les leurres

La violence semble une gageure


Le sacrifice de certains

Sert le bénéfice des apôtres


Des accapareurs, des abuseurs

De ces profiteurs sans cœur

Qui éteignent la moindre lueur

Pour un soi-disant monde meilleur


Le sacrifice de certains

Sert les bénéfices où ils se vautrent


Que vaut la vie d'une fleur

Face au progrès des armateurs?

Qu'importe les agriculteurs

La guerre sert les administrateurs


Le sacrifice des malandrins

Sert un bénéfice qui n'est pas le nôtre



Iso Bastier

13/01/26


mardi 30 décembre 2025

Anarchie



Anarchie


Dispensons-nous de la vérité

Elle attend d'être réinventée

Sa froideur nous étouffe

Quand nous réchauffe l'esbroufe


Dispensons-nous de la réalité

Au fond elle ne fait pas rêver

Sa laideur nous angoisse

Elle nous colle trop la poisse


Dispensons-nous du passé

Puisque le présent veut l'effacer

Sa vigueur revient aux vainqueurs

Qui s'en souvient vraiment d'ailleurs ?


Dispensons-nous de la moralité

Puisqu'elle est là pour nous limiter

Son aigreur mène aux frustrations

Qui réveillent la déraison


Dispensons-nous d'être éduqués

Car seule la force peut gagner

Les poings l'emportent sur la sagesse

Qui se tait trop pour qu'on acquiesce


Dispensons-nous de la responsabilité

Les erreurs nous font avancer

Pourquoi rendre des comptes ? 

Suffisent les mensonges et les contes


Dispensons-nous d'exister

La mort est déjà programmée

La vie, elle, s'achète et se vend

Sans autre valeur du vivant



Iso Bastier 

30/12/25


vendredi 19 décembre 2025

L'esprit




L'esprit


Les lumières de l'esprit

Doivent affronter l'abîme

La lutte est sans merci

Contre ce qui nous abîme


Point de feu ne s'allume

Sans que vive l'étincelle

Point d'arme sur l'enclume

Sans brasier de cervelle


Rallumons donc la flamme

De la libre pensée

Aimons-la telle une dame

Digne d'être adorée


Puis offrons-lui le verbe

Cet art de la parole

Que sa sève s'exacerbe

Pour se donner un rôle


La lumière de l'Esprit

Combat les ténèbres

D'une lueur elle surgit

D'un débat elle se zèbre


Pourvu qu'elle se déploie

Elle reconnaît le ciel

Quand le corps seul se noie

L'esprit est immortel



Iso Bastier 

19/12/25


vendredi 12 décembre 2025

La plénitude


"?"- Iso Bastier 


La plénitude


La solitude prend de l'amplitude

Les vicissitudes volent en altitude

Les attitudes sont à l'étude

Le Nord est-il désormais au sud ?


Quelle aptitude aux habitudes

Quelle inquiétude que la certitude

Rude prélude à la servitude

Complétude de la désuétude


Promptitude de la décrépitude

On élude ce qui nous dénude

La multitude nous rend prudes

Par lassitude de la similitude


Les turpitudes mènent à l'hébétude

La mansuétude offre la béatitude

La gratitude aide à la quiétude

De la latitude à la longitude


Vastitude de ma platitude

Mes inexactitudes sont finitude

Vient la sollicitude de la rectitude

À quand viendra la plénitude ?




Iso Bastier 
12/12/25

mercredi 10 décembre 2025

La maison


"Rue crépusculaire" - Iso Bastier 


La maison


Morts les repas du dimanche

Où l'on se retroussait les manches

Pour débattre en famille

Du ciel dessus la charmille


Ensemble heureux ou malheureux

Nous réanimions le feu

Du sang coulé sur la terre

De cette vie écrin de mystère


Nous pleurions parfois de rire

Nous poussions aussi des soupirs

Nous soumettions des colères

Puis nous levions nos verres


Ces repas gourmands partagés

Dans l'assiette venus des vergers

Resserraient ces liens entendus

Faits de nos vices et de nos vertus


Tous ensemble nous nous battions

Que pulse le cœur de la maison

Nous étions unis et fiers

De l'entrée jusqu'au dessert



Iso Bastier

10/12/25


 

jeudi 20 novembre 2025

Somnambules


Photo IsoLabo23 


Somnambules


Le froid a serti nos cœurs

Dans son étau pierreux

Indifférents autant à la peur

Qu'à la simple idée d'être heureux


Plus une vibration

Ne parcourt nos chairs

Nous vivons basse tension

Par crainte de déplaire


L'hiver est un silence

Où rien d'autre ne luit

Que la glace en résistance

Sous nos pas affaiblis


Dans la blancheur du ciel

Qui s'émeut devant le gris

Des aubes sempiternelles

Qui ressemblent à la nuit


Les rêves meurent dans le vent

De terribles promesses

D'un avenir sanglant

Assassin d'allégresse


Que de guerres à mener

Pour retrouver la foi

Par la bise malmenés

Nous ne l'embrassons pas


Le froid a serti nos lèvres

De gerçures douloureuses

Loin de nous donner la fièvre

Nos pensées sont frileuses


Nos corps endoloris

N'osent bouger qu'à peine

Ils s'abandonnent contris

Aux courants de la déveine


Tels des somnambules

Prisonniers entre deux mondes

Nos âmes déambulent

Transparentes et oblongues


En attendant le sacre

Des folies à venir

Du marasme, des massacres

Qu'il nous faudra subir



Iso Bastier

20/11/25


 

dimanche 16 novembre 2025

Depuis


Photo IsoLabo23 


Depuis


Du temps où nous redoutions la Mort

Nous honorions la Vie

Nous existions sans remords

Nous cultivions l'envie


Depuis la mort est la solution

Aux contrariétés comme au désespoir

Elle n'est plus un péché mais l'absolution

Nous n'avons plus peur du noir


Nous nous nourrissons du néant

Nous festoyons à sa table

En livrée livrés aux faux-semblants

Ogres aux humeurs instables


Depuis nous ne redoutons plus la mort

Nous avons le jour en aversion

Les ténèbres pour seul décor

Nous œuvrons pour la grande inversion


Le bourreau est la victime

La minorité fait la loi

L'étranger est plus légitime

Que la nation est dans son droit


La guerre vaut mieux que la paix

La différence prime sur l'union

La délation prévaut sur le secret

Le progrès fait fi de la raison


L'individu n'est plus une personne

Le patient n'est plus qu'un client

Les voyelles sont des consonnes

Tout le reste est du vent



Iso Bastier 

16/11/25


Le monde gris

 


Photo IsoLabo23 

Le monde gris


Après ce monde noir

Du chaos et des agressions

De la mort des espoirs

Après la Grande Inversion


Viendra le monde blanc

De la pacifique soumission

Du contrôle omniprésent

De la virtuelle insertion


Après ce monde noir

De la traque aux opinions

Du passage au laminoir

De tous les moyens d'expression


Viendra le monde blanc

Où la machine sera Raison

Quand l'avenir sera présent

Le progrès sera le Patron


Entre les deux, le monde gris

Nous apprend à oublier

Tout ce que nous avions acquis

Pour mieux nous modifier



Iso Bastier 

16/11/25


lundi 27 octobre 2025

L'espoir


Photo IsoLabo23 



L'espoir 


L'espoir est le pire des abîmes

La foi en un avenir incongru

Dont le présent est la victime

Convaincue que l'on n'en veut plus


L'espérance n'est pas une trêve

Simple préférence de l'esprit

Pour tout ce qui le mène au rêve

Plutôt qu'au combat de la vie


L'espoir est le pire des mensonges

Il promet jusqu'à l'impossible

Il nous maintient dans un songe

Nous laissant cois et impassibles


L'espérance n'est qu'un réconfort

Une ennemie de la réalité

Qui nous fait oublier l'inconfort,

Le chagrin, l'insécurité


Mais demain demeure inconnu

Même s'il vante de belles promesses

L'espoir se nourrit d'imprévus

L'espérance est une traîtresse




Iso Bastier 

27/10/25




samedi 25 octobre 2025

Friederich Ritter



Friederich Ritter


" la démocratie mène au fascisme

Qui mène à la guerre"

C'est ainsi que résumait son temps

Friederich Ritter


Puisque l'homme est un sauvage

Il ne mérite que la Nature

Quitte à s'échouer sur une plage

Pour goûter à son aventure


Seule la souffrance nous rend

Sincères

Pensait l'édenté Friederich Ritter


L'humain est pourri jusqu'à l'os

Et où qu'il soit sur la planète

Jusqu'aux îles des Galapagos

La méchanceté vit dans sa tête


C'est ce poison qui nous fait

Taire

En mourut Friederich Ritter



Iso Bastier

25/10/25


vendredi 17 octobre 2025

Quiberon


Carnet d'Iso 


Quiberon


Où sont les genêts et la lande, 

Les maisons blanches aux volets bleus, 

Les rues où l'on ramende

Les souvenirs heureux ?


Où êtes-vous mes aïeux ?

De l'autre côté du rivage

Là où vont mourir les cieux

Abandonnant la Côte Sauvage


Que le passé semble loin !

Même les mouettes qui taquinent

Les macareux et les marsouins

Sentent que les jours se terminent


Disparu jusqu'au cinoche

En plein air des passants

Traversant la place Hoche

Qu'on observait en rigolant


Et les niniches colorées

Aux saveurs d'arc-en-ciel

Le caramel au beurre salé

Ne reste que l'industriel


Oui, il demeure l'océan

Immense, sombre et rebelle

Lui seul absorbe le temps

Dans ses vagues immortelles


Je me noie dans sa mémoire

Si profonde qu'elle charrie

Des étincelles dans le noir 

Éclats fugaces de nos vies


Prise dans l'intense courant

D'une liquide nostalgie

Je brasse les beaux sentiments

Îlots où je me réfugie



Iso Bastier 

17/10725


dimanche 12 octobre 2025

Égarement


Carnet d'Iso


Égarement


Nos écorces entaillées de fêlures

Craquent après qu'elles fissurent

Agressées par un climat mortel

Fait de saisons artificielles


Le paradis est une terre glaciale

La chaleur de l'enfer est infernale

Les mi-saisons fondent dans l'indifférence

L'impuissance de l'intermittence


Au fond le voyage s'arrête ici

Dans le mépris absolu de la vie

Qu'importe les distances parcourues

Tout cesse quand on n'y croit plus


Passent les soleils et les lunes

Dans les ténèbres de notre infortune

Sans même que nous les contemplions

Aveuglés par notre affliction


Nous sombrons dans l'indifférence

Genoux à terre face à la démence

Tout en pleurant sur nos sorts

D'êtres incapables de remords


Nulle part où aller dans les rues

Qui remplacent le jardin disparu

Que des murs noirs qui se dressent

Sans plus nous donner d'adresses


Plus que cette errance infinie

D'âmes privées de leurs esprits

Qui ne savent pas d'où elles viennent

Qui ignorent où on les entraîne


Qu'un brouillard dense comme horizon

Perdues les clés de la maison

Perdu le fil de nos pensées

Dire si nous nous sommes égarés



Iso Bastier 

12/10/25


jeudi 9 octobre 2025

Révolution


Photo IsoLabo23 

  

Révolution


Le temps joue contre nous

Il nous met à genoux

Cruauté de l'horloge

Qui un jour nous déloge


Le gouvernement fantoche

Nuit au drapeau qui s'effiloche

Désormais tous apatrides

Nous errons dans le vide


Nous raccrochant aux débris

De mémoire qu'il nous reste

Vagabondant parmi les bris

D'une société qui nous déteste


Au fond nous n'existons plus

Ni les uns ni les autres

Pour la race des élus

Qui dans le luxe se vautrent


Nous les maintenons en place

Grâce aux richesses que nous créons

Sans en voir jamais la trace

Nous qui nous appauvrissons


Soumis au règne de la terreur

Divisés, abêtis, résignés d'apathie

Nous croulons sous la peur

Des impôts, du chagrin, du déni


Nous râlons, nous gémissons

Mais sans autre courage

Que de faire abnégation

D'être pris en otage


Pourtant le nombre fait foi

Quand le pouvoir est une menace

Pourvu que la cohésion soit

La rebellion naît de la masse


De ce peuple en colère l'éruption

Livra hier une révolution

Or nous voici près du cratère

Hantés par d'anciennes misères


Il est l'heure mes sœurs, mes frères

D'enfin remonter la rivière

D'enfin remonter le temps

De nous mettre les tripes à l'air



Iso Bastier

9/10/25




 

mercredi 1 octobre 2025

Feu de paille



Photo IsoLabo23 

 

 Feu de paille 


Le feu me regarde dans les yeux

Alors mon âme vacille

Il danse sur les murs spongieux

Il crépite et frétille


Dans la chaleur de son cœur intense

Se consument les regrets

Qui disparaissent dans l'indifférence

Des cendres aux humeurs de geai


Je regarde la ville brûler

Du haut de la muraille

Le ciel entier est enfumé

On gesticule et on braille


Le feu me regarde furieux

Alors qu'il embastille

Les plus faibles, les plus curieux

Qu'il brille dans mes pupilles


Dans le brasier de son cœur immense

Se débattent des corps inquiets

Qui disparaissent dans l'indifférence

Des élites perchées au sommet


Je regarde le pays brûler

Du haut de la muraille

Le ciel entier est condamné

À se rendre à la grisaille


Le feu me regarde dédaigneux

Alors qu'il nous torpille

Nous ne serons jamais vieux

Ses flammes nous habillent


Dans la chaleur de sa puissance

Se réduit tout ce qui est

Soumis à l'incandescence 

Ce qui était se défait


Je regarde le monde brûler

Du haut de la muraille

L'avenir pourra-t-il repousser

Sur ce qui fut un feu de paille ?



Iso Bastier 

1/10/25


mardi 9 septembre 2025

Dans ta peau



Dans ta peau


Je vis dans ta peau

Autant qu'en caresses

Comme le vent ou l'eau

Quand ils sont délicatesse


Je t'effleure d'un soupir, 

Ce souffle imperceptible

Parvient à te faire frémir

Quand tu joues l'impassible


Je te vois


Je vis dans ta peau

Depuis le premier instant

Où le monde a éclos

Pour sortir du néant


Je t'atteins en silence

Depuis les profondeurs

Où les sons en absence

Sont la mélodie du cœur


Je t'entends


Je vis sous ta peau

Dans le fer de tes veines

J'ai construit un radeau

Pour éviter la peine


Je navigue sur ta mer

Rouge tel un soleil

Ton sang n'est pas amer

Son vermeil m'émerveille


Je te goûte


Je vis sous ta peau

Presque autant qu'en surface

Je connais ton cerveau

Et l'âme qui l'enlace


Je te frôle d'un sourire, 

D'un regard, d'un baiser

Je sais te faire plaisir

Je sais te faire aimer


Je te touche



Iso Bastier 

2 09 25


mercredi 13 août 2025

Les démons



Les démons


Les démons sont des anarchistes

Épris de liberté

Leur chaos fait de schiste

Fait tout s'effriter


Ils s'attaquent à l'origine

De cette vie qui est

Déifiant l'Androgyne, 

La violence, le rejet


Ils vénèrent la souffrance

Incapables d'amour

Toujours en résistance

Le vrai mal se savoure


Leur vanité sournoise

Traque les faibles âmes 

Ils leur cherchent des noises

Afin qu'elles se pâment


Maltraiter ce créateur

En qui ils n'ont plus foi

Est leur seul moteur

Le roi n'est pas le roi


Oui, ces anges rebelles

Choisissent leur propre voie

Car Dieu est un cruel

Esclavagiste en soi


La fureur et le bruit

S'abattent sur la foule

Ils inspirent ce qui nuit

Ils génèrent la houle


Les démons sont légions

Et ils œuvrent sur terre

Vouant l'humain à la contagion

Des dérives de l'enfer



Iso Bastier 

13/08/25


dimanche 10 août 2025

De l'autre côté

 



De l'autre côté


Vu de l'autre côté

Le monde est à l'endroit

Lorsqu'il est inversé

Il est un bel endroit


Vu de notre côté

S’aperçoit l'au-delà

Pas de quoi regretter

Le commun d'ici-bas


Vu de l'autre côté

L'humain est dans son droit

Oui, celui d'exister

Avec ou sans foi


Vu de notre côté

L'ailleurs est tel un toit

Fait pour nous protéger

Des corruptibles lois


Vu de l'autre côté

Il était une fois

Des possibilités

De chagrin et de joie


Vu de notre côté

On saute le grand pas

À l'heure de regagner

L'inconnu qui sera


Vu de l'autre côté

Si fine est la paroi

Qu'on ne peut traverser

Vers une ancienne voie


Vu de notre côté

On ne sait pas pourquoi

L'espoir est à portée

Mais là-bas il flamboie



Iso Bastier

10/08/25


mercredi 6 août 2025

Servitude


Série Pixel 


Servitude


Des soldats anonymes 

S'engouffrent dans les rues

Défendant la routine

Qu'imposent les élus. 


Aveuglés par le jour, 

Endormis par la nuit, 

Cette armée sans contour

Lutte pour sa survie. 


Dans le silence des murs

Qui les privent d'un ciel, 

Ils passent sans murmure

Sans espoir et sans fiel, 


Les yeux baissés, mi-clos

Vers les trottoirs obscurs. 

Souvent ils se lèvent tôt, 

Vivent dans des masures. 


"Nous sommes en guerre !" 

Clament depuis le sommet

Ceux qui s'enfouissent sous terre

Dès que le vent est frais. 


Une armée d'inconnus

Seuls dans leurs costumes

Envahissent les rues

Comme de coutume


Dans le gris du mépris, 

Ils se battent épuisés

Pour payer les crédits

Qu'on leur a accordés. 


Or ce monde sans songe

Est leur seul paysage. 

La mélancolie les ronge

Quand ils n'ont pas la rage


Et les jours se répètent

Prisonniers de l'horloge. 

Cette foule est inquiète

Que d'autres les délogent. 


Ces âmes angoissées

Dévorées par le stress, 

Savent pourtant pardonner

Du bout de leurs laisses. 


Cette armée sans foi

Privée de sa puissance

Croît qu'elle n'a pas le choix

Que de vivre sans clémence… 


Pourtant vu le nombre

De ces sombres silhouettes

Pourrait sortir de l'ombre

Le refus de la défaite


Réunifiant les divisions

Qui nourrissent les solitudes

Car la force est dans l'union

Plus que dans la servitude. 



Iso Bastier

6/08/25


mardi 5 août 2025

Hors du temps


Aquarelle - Iso Bastier 

 Hors du temps


Je jette mes angoisses et mes soucis

Dans la mer

La marée les dilue, les amoindrit

Les digère


Et lorsqu'ils s'échouent à nouveau

Sur la plage

Ils brillent dans la mémoire de l'eau

Me soulagent


Je suis libre de courir presque nue

Si légère

Dans l'horizon à perte de vue

Ce ciel fier

Qui donne un sens à l'espace

Hors du temps


Je noie mon stress et mes tracas

Dans la mer

Le reflux les charrie loin de moi

De la terre


Et quand ils s'engloutissent

Dans les flots

Ils disparaissent dans les abysses

Du grand repos


Alors je reprends ma course

Enfin consolée

De ces cruelles secousses

Immergées


Quand mes tristes résidus

Mes maux amers

Sombrent emportés par le flux

Dans la mer

Elle donne un sens à l'espace

Hors du temps



Iso Bastier

5/08/25