mardi 7 janvier 2014
A mon père
A mon père
Nous sommes passés près de l’autre sans le voir,
Sans considération, sans se laisser le moindre espoir.
Nous aurons traversé les pièces blanches de nos mémoires
Sans compassion et sans jamais s’y asseoir.
Nous aurions pourtant eu la grâce de le faire
Si nos yeux si bleus avaient eu le regard clair
Mais l’orgueil et le temps sont de vrais adversaires
Qu’aucun de nous deux n’aura su faire taire.
Iso Bastier
7/01/14
lundi 6 janvier 2014
Les héroïnes
Iso Bastier
dimanche 5 janvier 2014
Pluie
Pluie
La pluie tient ses promesses
Quand le vent lui fait l’amour
Elle tombe à la renverse
S’abandonne dans la cour
Comme l’amante s’échappe
Pour fuir le firmament
Avant que ne l’attrape
L’enfer des sentiments
La pluie est une caresse
Sur les villes alanguies
Elle se courbe et progresse
Pour passer sous le gui
Elle épouse les surfaces
Telle une mer céleste
Miroir de mille faces
Diamantaire qu’on déleste
La pluie sourit et s’amuse
De nos pâles contrariétés
Les conseils de cette muse
Se boivent avec sobriété
Cette belle amazone
Se moque des frontières
Elle qui connait la zone
N’est jamais casanière
Elle n’épargne personne
Quoiqu’on se désespère
De sa rareté qui sonne
Le glas dans le désert
Iso Bastier
5/01/14
lundi 30 décembre 2013
Les fous vivants
Les fous vivants
Qui ose donc
porter le masque vertueux et terrifiant de la vérité ?
La mort
seule car les vivants ne savent plus la mériter.
Qui ose
s’affranchir des misérables chaînes du passé ?
Celui qui a
trop souffert pour encore se retourner
Et
contempler l’abîme des répétitions traîtresses.
Celui qui a
tant marché, erré, qu’il ressent qu’il progresse.
L’aube n’est
qu’une nuit qui s’étiole, un avorton du jour,
Un lendemain
sans nom, un semblant de toujours.
Le
crépuscule est une oppressante promesse ténébreuse,
Une fin
minuscule aux pensées sombres et fiévreuses
Dont l’œil
déjà mi-clos rêve de paysages inaccessibles,
Le corps
las, abandonné aux soies de l’indicible.
Qui ose se
révolter ? Payer le prix des âmes libres ?
L’onéreuse
vacuité des chercheurs d’équilibre.
Des insoumis
solitaires de l’incompréhension perpétuelle,
Qui refusent
les mensonges de la beauté trop virtuelle.
Des fous
biens vivants qui se nourrissent d’horizons
Dont les
sages silences prévalent sur les oraisons.
Jamais ils
ne se plaignent trop heureux d’exister
Dans ces
hasards qu’ils essaiment sans perplexité.
La vie porte
la bannière de l’insatiable curiosité.
Jeunesse
éphémère vieillissant avec méticulosité.
La vie est un
passage éclair avant de faire la place nette
Pour tous
les amants épris de la peau de la planète.
Iso Bastier
30/12/13
jeudi 28 novembre 2013
Cha
dimanche 3 février 2013
Entre Nous
Épaule contre épaule,
Où parfois le soleil s'éteint.
vendredi 23 novembre 2012
Fais péter
Fais péter
Serrage de mains
Cirage de pompes
On se voit demain
Dis, qui tu trompes ?
Serrage des freins
Dans le cirage
Tu fuis, tu feins,
Traverses les nuages
Serrage des joints
Cirage des ménages
Les méninges à point
Mise de l’amour en cage
Serrage de pognes
Noir de cirage
Ton cœur qui cogne
Parfois fait rage
Serrer les poings
Cirer les meubles
Être mis au coin
Dans un immeuble
Péter les plombs
Plomber l’ambiance
Se remettre d’aplomb
Avant la sentence
Péter la forme
Se gondoler
N’est pas conforme
Fait rigoler
Alors fais péter
Car je n’aime pas
Me répéter
N’y reviens pas
Iso Bastier
23/11/12
samedi 8 septembre 2012
Cool l’Alcool ?
Cool l’Alcool ?
L’alcool – médicament
Consommé par nos enfants
Les détruit fréquemment
Sortez les oliphants !
Cool l’alcool ?
L’alcool coule…
L’alcool-confiserie
Siroté par nos petits
Désinhibe l’hystérie
Accoutume l’appétit
Cool l’alcool ?
L’alcool coule…
L’alcool – à – la – fête
Aux relents de musique
Fait tourner les têtes
Puis comas éthyliques…
Cool l’alcool ?
L’alcool coule…
L’alcool – entre – copains
Pour prouver sa bravoure
Vit sans un lendemain
Ne connaît pas l’amour
Cool l’alcool ?
L’alcool coule…
L’alcool – entre – tes – mains
Avec lequel tu trinques…
Peut dévier ton chemin
N’est pas d’or ce qui clinque !
Iso Bastier
8/09/12
Phraya
Phraya
Mon amour, ma beauté,
Ma princesse, ma racée,
Mon chat noir botté,
Ma siamoise élancée...
Minette au minois masqué,
Pelage blanc ou blanc cassé,
Caressée ou embusquée,
Méditation du passé.
Dans tes yeux azuréens
On voyage bleu et très loin.
Ton port sacré de félin
M'observe depuis un coin.
Ma sœur du soir, ma main
Caresse ta douceur de satin.
Ta soie sourit de mes soins.
Mon cat n'est pas une catin.
Ton chant est mon refrain,
Tes frôlements soudains,
Tes miaulements sereins,
Tes candeurs, tes dédains
Queue prête à crocheter,
Tu gardes mes secrets. Fée,
Ton cœur ne peut s'acheter,
Ton âme vibre de liberté.
Ta vie crée de la volupté.
Qui a songé à te sculpter
Somptueuse créature habitée,
Capable d'invisibilité ?
Mon daemon, ma fierté,
Ma sagesse incarnée,
Marche d'un pas feutré
Toujours à mes côtés.
Iso Bastier
8/09/2012
lundi 13 août 2012
Les petites vieilles
Les petites vieilles
J'aime être aimée
Des petites vieilles
Celles qui ont semé
Encore juste la veille
Sous l'iris Tremblant
La vue est nette et claire
L'âme ne fait plus semblant
Approchant la lumière
Assises à contre-jour
Des existences pudiques
Elles sourient toujours
Être seule est-ce être unique ?
Le monde va si vite
Qu'il vous tourne la tête
Un jour il vous évite
Et cesse alors la fête
J'aime les vieilles dames
Qui n'arrêtent jamais
Jusqu'à ce qu'elles se pâment
D'avoir avancé sans regret
Elles n'ont la nostalgie
Que de ces belles choses
Qui donnent de l'énergie
Autant qu'elles vous reposent
Elles ont les mains douces
Coquettes et délicates
Elles savent mettre les pouces
Font de bonnes avocates
Le temps est leur allié
Elles ont de la gratitude
Le port un peu altier
Passées les servitudes
J'aime tant discuter
Avec ces petites vieilles
Qui me font percuter
Sans m'accabler de conseils
Des instants intemporels
D'essentiel à partager
Avec ces dames belles
Venant déjà du passé
Iso Bastier
13/08/2012
samedi 28 juillet 2012
Voyage
VOYAGE
Vous
voyez ! Je voyage… Je suis la course des nuages. Plane la force des
pensées que les oiseaux viennent contrarier. Je vogue au gré des visages
longeant la beauté des rivages que les vagues aiment caresser sans jamais
vraiment s’y marier. Voltige ! Acrobatie ! Dérapages ! Je
m’évade en noir sur la page, dans l’impalpable soie de l’esprit, je découvre
les fins que j’écris. Passée la douane. Passé l’orage. Dépasser les heures et
les âges… Du monde on est toujours surpris. Je passe. Je trépasse en un cri. Je
fais partie des rouages. Je roule et me fous des péages ! J’avance et
parfois je m’enfuis… Je fuse. Je danse. J’en suis ! J’ai la planète en
partage. Seul de moi-même je suis otage. Par la fenêtre des images fuient,
pluie, larmes étranges que j’essuie. D’au revoir en retrouvailles…
J’arrive ! Vaille que vaille ! J’apprends. J’arpente. J’envisage.
J’existe ! Il faut du courage ! Je cours jusqu’au souffle coupé. Je
coupe au milieu des broussailles. Je bouge, des actes entrecoupés d’éclaboussures
d’où des instants saillent, des pépites d’or, des paysages, des pays, des
hommes de passage. Vous voyez ! Ils jouent avec l’énergie vermeille qui
les unit tel un soleil. Ça varie, les climats, les langages, les conforts.
Qu’importe ! Je m’engage. Mon imaginaire a un long lignage. Depuis
l’Univers je renais au Voyage…
dimanche 24 juin 2012
Fouette cocher !
Fouette cocher !
Les trompettes ont sonné
Tu dois te détacher
Des aventures passionnées
Qui ne font qu’esquinter
Voici ta dernière nuit
Avant de devenir guerrier
La liberté hors de prix
Va enfin te frôler
Quand tu sauras t'offrir
À ce que tu ne vois pas
L'univers pourra s'ouvrir
Ne plus être inconnu de toi
Alors la peur s'en ira
Comme tes alliés fidèles
Oui, le fruit pourrira
Mais la graine sera belle
Iso Bastier
24/06/2012
mercredi 13 juin 2012
lundi 30 janvier 2012
samedi 14 janvier 2012
Le con est nu
Le con est nu
Encore une époque révolue
Résous-toi, la vie évolue
C’est rassurant, ça continue
C’est consternant, le con est nu
Nu et seul dans la rue
Où la rumeur rue et remue
Les autres filent en continu
C’est continuel, le con est nu
Nu et seul sur la route
Face à l’horizon comme au doute
Redouté, débouté, en déroute
Aveuglé par la lumière sans doute
Encore une saison, un jour de plus
A peupler la planète de son ombre fourbue
A arpenter en silence l’inattendu
Est-ce consentant ? Le con est nu
Nu et seul dans l’inconnu
Où personne ne l’a reconnu
Certains l’ont peut-être aperçu
C’est consensuel, le con est nu
Nu et seul en chemin
Il ne tend jamais la main
L’instant suffit, s’en vient
Le con est nu et part serein.
Iso Bastier
14/01/12
Pluie et Vent
Pluie et Vent
Je n’en peux plus
Plus il pleut plus
La pluie dit « Et puis »
Ça n’arrête plus depuis
Je n’en peux plus
De ce vent en surplus
Le vent va de l’avant
Je stagne cependant
Je n’en peux plus
Plus il pleut plus
La pluie dit « Ensuite »
Vous connaissez la suite
Je n’en peux plus
De ce vent en surplus
Ce vent prend les devants
J’avançais auparavant
Je n’en peux plus
Plus il pleut plus
La pluie dit « j’en suis »
J’en suis, c’est sûr, j’essuie
Je n’en peux plus
De ce vent en surplus
Le vent ne fait pas semblant
Je l’avoue en tremblant
Je n’en peux plus
Plus il pleut plus
La pluie est sans merci
Ainsi elle vous remercie
Je n’en peux plus
De ce vent en surplus
Le vent m’en veut, m’aveugle
Plus ça va plus je beugle
Je n’en peux plus
Plus il pleut plus
La pluie s’évertue
À imposer ses vertus
Je n’en peux plus
De ce vent en surplus
Qui me fait des avances
Je prends de la distance
Je n’en peux plus
Plus il pleut plus
Il se peut qu’il pleuve
Les grandes eaux m’émeuvent
Je n’en peux plus
De ce vent en surplus
Le vent souvent se vante
Volontiers il m’évente
Iso Bastier
14/01/12
jeudi 12 janvier 2012
D’îles en îles
D’îles en îles
Le vent n’est pas de tout repos
Prenant la commande des eaux.
Les rivages sont mobiles, fragiles.
L’homme est indocile et agile…
Nul doute, il vaincra l’horizon !
Cette ligne loin de sa maison
Où s’enchevêtrent les possibles,
Ce trait tiré vers l’invisible.
Il parviendra jusqu’à la brume
Bleutée qui enrobe d’écume
La chair de ces îles lointaines
Qui flottent sous les étoiles naines.
Oh oui ! Il sucera avide
Les douceurs inconnues et liquides
Des fruits aux formes étrangères
Jusqu’à ce que son corps digère…
Il repoussera les limites,
Les siennes et celles qui l’invitent,
Puis morcellera à nouveau,
Mettra les choses à son niveau.
Certes, il accostera souvent,
Repartira le cœur différent
Peuplé de beautés indigènes
Attractives telles des sirènes
Aux yeux larmoyants et lactés.
Elles séduisent avant de manger.
Elles butinent comme des abeilles
Naissantes au coucher du soleil.
Il s’en ira tout de même
Car le voyageur se promène,
Il ne prend jamais racines
Pas même quand le soleil décline.
Le vent n’est pas de tout repos
Dès qu’il le met dans son dos
Les paysages défilent et filent
Alors il saute d’îles
en îles…
Iso Bastier
12 01 12
mercredi 11 janvier 2012
Tôt
Tôt
L’aube émerge de la marée haute
Encore grise d’une nuit permissive.
Elle pousse le soleil pour qu’il saute
Ou qu’il déchire de ses incisives
Une frontière de nuages sur la côte
Où traînent les âmes pensives.
Une lumière rose vient et sursaute.
Le jour jette une aura évasive
Comme un pêcheur jette son filet
Avec l’espoir d'en tirer un trésor.
Le soleil après avoir tiré son rai,
S’offre enfin, fait briller son or.
Que de perspectives visibles
Quand l’horizon naît et s’éclaire !
La nuit agit pour l’indicible,
Le jour nettoie les atmosphères.
Légèreté et paix du réveil,
Joyeux climat et chants d’oiseaux,
La chaleur soumet et conseille
De tout de même de se lever tôt.
Iso Bastier
11/01/12
lundi 9 janvier 2012
Tout
Tout
Et si tous ces brouillards,
Tous ces points noirs,
Toutes ces bulles errantes,
Ces imprécisions mouvantes,
Je parvenais encore à voir...
Si au-delà de ces doutes
Je pouvais fixer ma route,
Planter ma bannière en repaire
Dans la terre, la mer et l’air.
Si j’évitais la déroute,
La déveine, la banqueroute,
Je caresserais enfin la voûte
De ce ciel très loin de la ville.
Un bateau, des pêcheurs tranquilles
Qui vont bientôt casser la croûte.
J’irai voir l’autre astre, là-bas,
Qu’on contemple quand il rougeoie
Avant de fondre dans les eaux
Pour mieux briller sous les bateaux
Que la nuit avale ou bien noie.
J’irai reposer ma mémoire
Là où la mer est un miroir
Aux reflets flous du bout des âges,
Où les oiseaux dans les parages
Évitent l'attraction des trous noirs.
Et si tous ces hasards,
Ces stratégiques tragédies,
Ces nuits à ne rien savoir
Et ces devoirs de parodies
N’étaient que façons de se mouvoir,
De goûter aux chantages de la vie.
Si la nature détient le pouvoir,
Nous avons l’instinct de survie.
Nous sommes des étoiles minuscules
Dans l’infinité d’énergies
Or tout s’imbrique, se régule,
Tout fait que l’essentiel surgit.
Iso Bastier
9/01/12


















