mercredi 30 juillet 2014

Bile noire



Bile noire


A tout ce que tu n’auras pas lu
Ces mots que j’ai déversés
Parce que les dire je n’ai pas su
Ces émotions qui m’ont renversée

A tout ce que tu ne liras jamais
Mes prisons d’encre et de papier
Mes cellules tracées à la craie
Ce à quoi tu auras échappé...

Ma bile noire ne cesse de sécher
Sur les fils tendus de ma mémoire
Mes passions, mes peines, mes péchés,
Dérives d’une existence dérisoire

A tout ce que tu n’auras pas voulu lire
Nos temps morts comme tes sommeils
Nuées de nuits d’éveil perdues à écrire
Ces obscurités qui portent conseil

A toutes ces paroles déchirées
Remplissant le fond de ma poubelle
Ces feuilles blanches salies et froissées
A supposer que la vie est belle

Ce sang noir que j’ai fait couler
Sans même que tu t’en aperçoives
A toutes ces pensées qui m’ont saoulée
Sans même que tu les conçoives…



Iso Bastier
30/07/14

lundi 7 juillet 2014

Le silence chante en moi

"Forêt" - Huile - [46 X 33] - Iso Bastier


Le silence chante en moi


Le silence chante en moi
Quand du haut de la falaise
Mon cœur de vent, de glaise
S’ouvre et enfin se déploie

Son corps éthéré libre plane
Au-dessus des eaux chromées
Tel un étrange oiseau-deltaplane
Que le grand inconnu a aimanté

La distance vibre en moi
Quand du haut de mon malaise
Les pensées qui me déplaisent
S’échappent au large, se noient

Leurs ondes font des vagues
Où de beaux poissons argentés
Se dispersent et divaguent
Dansent en mouvement coulé

L’existence se joue de moi
Quand le sens n’est que foutaise
Que l’âme livrée à la fournaise
S’abandonne aux sourds émois

Les profondeurs sont infinies
Insondables et dangereuses
Elles rejoignent de vastes galaxies
Peuplées de créatures nébuleuses



Iso Bastier
7/07/14


mardi 7 janvier 2014

A mon père




A mon père

Nous sommes passés près de l’autre sans le voir,
Sans considération, sans se laisser le moindre espoir.
Nous aurons traversé les pièces blanches de nos mémoires
Sans compassion et sans jamais s’y asseoir.

Nous aurions pourtant eu  la grâce de le faire
Si nos yeux si bleus avaient eu le regard clair
Mais l’orgueil et le temps sont de vrais adversaires
Qu’aucun de nous deux n’aura su faire taire.



Iso Bastier
7/01/14

lundi 6 janvier 2014

Les héroïnes


"Le voyage d'Iso" - Huile -  (55 X 46] - Iso Bastier



Les héroïnes

Les héroïnes aiment la lecture.
Elles se nourrissent d’aventures,
De rêves étranges, d’éveils tardifs,
De jolies vagues sur les récifs.

Elles ne marchent pas, elles musent,
Ne s’amènent pas mais s’amusent
Sur tous les fronts qu’elles entrevoient,
Elles tissent des drapeaux de joie.

Les  héroïnes aiment la campagne,
La mer aussi, souvent la montagne,
Les vastes étendues peuplées de vert
Qu’elles parcourent en courants contraires.

Elles escaladent les grands sentiments.
Elles sautent de contes en continents,
Elles ne s’arrêtent jamais en chemin,
C’est écrit dans le creux de leurs mains.

Les héroïnes cachent des blessures
Sous d’arrogants manteaux de fourrure
Qui tiennent chaud à leur corps passionné,
Seul l’ennui les fait frissonner.



Iso Bastier
6/01/14








dimanche 5 janvier 2014

Pluie


 "Chao ab Ordo" - [40X50] - Acrylique - Iso Bastier


Pluie

 

La pluie tient ses promesses

Quand le vent lui fait l’amour

Elle tombe à la renverse

S’abandonne dans la cour

 

Comme l’amante s’échappe

Pour fuir le firmament

Avant que ne l’attrape

L’enfer des sentiments

 

La pluie est une caresse

Sur les villes alanguies

Elle se courbe et progresse

Pour passer sous le gui

 

Elle épouse les surfaces

Telle une mer céleste

Miroir de mille faces

Diamantaire qu’on déleste

 

La pluie sourit et s’amuse

De nos pâles contrariétés

Les conseils de cette muse

Se boivent avec sobriété

 

Cette belle amazone

Se moque des frontières

Elle qui connait la zone

N’est jamais casanière

 

Elle n’épargne personne

Quoiqu’on se désespère

De sa rareté qui sonne

Le glas dans le désert

 

 

Iso Bastier

5/01/14

 

 

 

lundi 30 décembre 2013

Les fous vivants


 "So many" - Encre - Iso Bastier


Les fous vivants

 

Qui ose donc porter le masque vertueux et terrifiant de la vérité ?

La mort seule car les vivants ne savent plus la mériter.

Qui ose s’affranchir des misérables chaînes du passé ?

Celui qui a trop souffert pour encore se retourner

Et contempler l’abîme des répétitions traîtresses.

Celui qui a tant marché, erré, qu’il ressent qu’il progresse.

L’aube n’est qu’une nuit qui s’étiole, un avorton du jour,

Un lendemain sans nom, un semblant de toujours.

Le crépuscule est une oppressante promesse ténébreuse,

Une fin minuscule aux pensées sombres et fiévreuses

Dont l’œil déjà mi-clos rêve de paysages inaccessibles,

Le corps las, abandonné aux soies de l’indicible.

Qui ose se révolter ? Payer le prix des âmes libres ?

L’onéreuse vacuité des chercheurs d’équilibre.

Des insoumis solitaires de l’incompréhension perpétuelle,

Qui refusent les mensonges de la beauté trop virtuelle.

Des fous biens vivants qui se nourrissent d’horizons

Dont les sages silences prévalent sur les oraisons.

Jamais ils ne se plaignent trop heureux d’exister

Dans ces hasards qu’ils essaiment sans perplexité.

La vie porte la bannière de l’insatiable curiosité.

Jeunesse éphémère vieillissant avec méticulosité.

La vie est un passage éclair avant de faire la place nette

Pour tous les amants épris de la peau de la planète.

 

 

Iso Bastier

30/12/13  

 

jeudi 28 novembre 2013

Cha



Cha

Des rivières de pleines lunes
Se jettent nues dans la mer
Une lumière peu commune
Une belle atmosphère…

L’arbre sur le rocher noir
Frissonne et chante le vent
Qui transporte ta mémoire
L’évade de notre temps

A trop fixer les feuillages
Qui se balancent doucement
J’aperçois ton aura, ce visage
Qui souriait souvent…

Et si mon cœur se serre
D’avoir connu le deuil
La nature en prière
T’honore de ses feuilles

Le peuple de la pierre
Te salue en dansant
Sur la mélodie de l’air,
Du sable et du présent

Ta guitare est posée
En phase aphasique
Elle peut se reposée
Elle connait la musique

Mon ami, mon frère
Idéaliste et écorché
Amoureux de la Terre
Qui un jour t’a porté

Tu es libre et serein
Beau pour toujours
Digne d’être humain
Digne de notre amour



Iso Bastier
28/11/13


dimanche 3 février 2013

Entre Nous




Entre Nous

Nous aurons passé la frontière.
Nous aurons vaincu les obstacles,
Voyagé autour de la Terre,
Consulté les oracles. 
Épaule contre épaule,
Nous aurons avancé la course
Menant à l’aube inconnue,
Fait bonne et mauvaise bourse.
Nous nous serons soutenus.
Qu’importe les couleurs de saison !
Les morales et les religions
Qui séparent plus qu’elles ne rassemblent !
Nous aurons vécu ensemble.
Nous aurons passé la frontière.
Nous aurons vaincu la jeunesse.
Parfois bon ou mauvais caractère
Mais entre nous rien ne presse.
Nous aurons eu de la présence
D’esprit de cœur et corps à corps.
Nous aurons tenu la distance
Tout en changeant de décor.
Il n’est nulle raison de le dire,
Les actes ont comblé les fissures
De nos âmes faites de souvenirs
Qui se dressent tels des murs.
Nous aurons passé la frontière.
Nous aurons vieilli sans n’avoir
Que l’autre en ultime repère
Aux confins des nuits noires.
Nous aurons bâti le quotidien
En charge de créer du bonheur,
En se tenant par la main
Pour une valse du labeur.
Nous sommes forts et fragiles
A la fois. Libres et contraints.
Sur le qui-vive depuis notre île
Où parfois le soleil s'éteint.
Les climats caressent ou fouettent
Les formes de notre amour.
Sache que jamais je ne regrette
De t’avoir rencontré un jour.


Iso Bastier
3 02 13








vendredi 23 novembre 2012

Fais péter



Fais péter

 

Serrage de mains

Cirage de pompes

On se voit demain

Dis, qui tu trompes ?

 

Serrage des freins

Dans le cirage

Tu fuis, tu feins,

Traverses les nuages

 

Serrage des joints

Cirage des ménages

Les méninges à point

Mise de l’amour en cage

 

Serrage de pognes

Noir de cirage

Ton cœur qui cogne

Parfois fait rage

 

Serrer les poings

Cirer les meubles

Être mis au coin

Dans un immeuble

 

Péter les plombs

Plomber l’ambiance

Se remettre d’aplomb

Avant la sentence

 

Péter la forme

Se gondoler

N’est pas conforme

Fait rigoler

 

Alors fais péter

Car je n’aime pas

Me répéter

N’y reviens pas

 

 

Iso Bastier

23/11/12

 

 

 

 

 


samedi 8 septembre 2012

Cool l’Alcool ?


"Le Vin" - Poésie Graphique - Iso Bastier



Cool l’Alcool ?


L’alcool – médicament
Consommé par nos enfants
Les détruit fréquemment
Sortez les oliphants !

Cool l’alcool ?
L’alcool coule…

L’alcool-confiserie
Siroté par nos petits
Désinhibe l’hystérie
Accoutume l’appétit

Cool l’alcool ?
L’alcool coule…

L’alcool – à – la – fête
Aux relents de musique
Fait tourner les têtes
Puis comas éthyliques…

Cool l’alcool ?
L’alcool coule…

L’alcool – entre – copains
Pour prouver sa bravoure
Vit sans un lendemain
Ne connaît pas l’amour

Cool l’alcool ?
L’alcool coule…

L’alcool – entre – tes – mains
Avec lequel tu trinques…
Peut dévier ton chemin
N’est pas d’or ce qui clinque !



Iso Bastier
8/09/12


Phraya

 



Phraya

 

Mon amour, ma beauté,

Ma princesse, ma racée,

Mon chat noir botté,

Ma siamoise élancée...

 

Minette au minois masqué,

Pelage blanc ou blanc cassé,

Caressée ou embusquée,

Méditation du passé.

 

Dans tes yeux azuréens

On voyage bleu et très loin.

Ton port sacré de félin

M'observe depuis un coin.

 

Ma sœur du soir, ma main

Caresse ta douceur de satin.

Ta soie sourit de mes soins.

Mon cat n'est pas une catin.

 

Ton chant est mon refrain,

Tes frôlements soudains,

Tes miaulements sereins,

Tes candeurs, tes dédains

 

Queue prête à crocheter,

Tu gardes mes secrets. Fée,

Ton cœur ne peut s'acheter,

Ton âme vibre de liberté.

 

Ta vie crée de la volupté.

Qui a songé à te sculpter

Somptueuse créature habitée,

Capable d'invisibilité ?

 

Mon daemon, ma fierté,

Ma sagesse incarnée,

Marche d'un pas feutré

Toujours à mes côtés.

 

 

Iso Bastier

8/09/2012


lundi 13 août 2012

Les petites vieilles



Les petites vieilles

 

 

J'aime être aimée

Des petites vieilles

Celles qui ont semé

Encore juste la veille

 

Sous l'iris Tremblant

La vue est nette et claire

L'âme ne fait plus semblant

Approchant la lumière

 

Assises à contre-jour

Des existences pudiques

Elles sourient toujours

Être seule est-ce être unique ?

 

Le monde va si vite

Qu'il vous tourne la tête

Un jour il vous évite

Et cesse alors la fête

 

J'aime les vieilles dames

Qui n'arrêtent jamais

Jusqu'à ce qu'elles se pâment

D'avoir avancé sans regret

 

Elles n'ont la nostalgie

Que de ces belles choses

Qui donnent de l'énergie

Autant qu'elles vous reposent

 

Elles ont les mains douces

Coquettes et délicates

Elles savent mettre les pouces

Font de bonnes avocates

 

Le temps est leur allié

Elles ont de la gratitude

Le port un peu altier

Passées les servitudes

 

J'aime tant discuter

Avec ces petites vieilles

Qui me font percuter

Sans m'accabler de conseils

 

Des instants intemporels

D'essentiel à partager

Avec ces dames belles

Venant déjà du passé

 

 

Iso Bastier

13/08/2012


samedi 28 juillet 2012

Voyage

 


"Le fils du soleil"- [55X38] - Huile - Iso Bastier


VOYAGE

 

Vous voyez ! Je voyage… Je suis la course des nuages. Plane la force des pensées que les oiseaux viennent contrarier. Je vogue au gré des visages longeant la beauté des rivages que les vagues aiment caresser sans jamais vraiment s’y marier. Voltige ! Acrobatie ! Dérapages ! Je m’évade en noir sur la page, dans l’impalpable soie de l’esprit, je découvre les fins que j’écris. Passée la douane. Passé l’orage. Dépasser les heures et les âges… Du monde on est toujours surpris. Je passe. Je trépasse en un cri. Je fais partie des rouages. Je roule et me fous des péages ! J’avance et parfois je m’enfuis… Je fuse. Je danse. J’en suis ! J’ai la planète en partage. Seul de moi-même je suis otage. Par la fenêtre des images fuient, pluie, larmes étranges que j’essuie. D’au revoir en retrouvailles… J’arrive ! Vaille que vaille ! J’apprends. J’arpente. J’envisage. J’existe ! Il faut du courage ! Je cours jusqu’au souffle coupé. Je coupe au milieu des broussailles. Je bouge, des actes entrecoupés d’éclaboussures d’où des instants saillent, des pépites d’or, des paysages, des pays, des hommes de passage. Vous voyez ! Ils jouent avec l’énergie vermeille qui les unit tel un soleil. Ça varie, les climats, les langages, les conforts. Qu’importe ! Je m’engage. Mon imaginaire a un long lignage. Depuis l’Univers je renais au Voyage…

dimanche 24 juin 2012

Fouette cocher !



Fouette cocher !

 

Les trompettes ont sonné

Tu dois te détacher

Des aventures passionnées

Qui ne font qu’esquinter

 

Voici ta dernière nuit

Avant de devenir guerrier

La liberté hors de prix

Va enfin te frôler

 

Quand tu sauras t'offrir

À ce que tu ne vois pas

L'univers pourra s'ouvrir

Ne plus être inconnu de toi

 

Alors la peur s'en ira

Comme tes alliés fidèles

Oui, le fruit pourrira

Mais la graine sera belle

 

 

Iso Bastier

24/06/2012


samedi 14 janvier 2012

Le con est nu


"En éclat" - Infographie - Iso Bastier 




Le con est nu


Encore une époque révolue
Résous-toi, la vie évolue
C’est rassurant, ça continue
C’est consternant, le con est nu

Nu et seul dans la rue
Où la rumeur rue et remue
Les autres filent en continu
C’est continuel, le con est nu

Nu et seul sur la route
Face à l’horizon comme au doute
Redouté, débouté, en déroute
Aveuglé par la lumière sans doute

Encore une saison, un jour de plus
A peupler la planète de son ombre fourbue
A arpenter en silence l’inattendu
Est-ce consentant ? Le con est nu

Nu et seul dans l’inconnu
Où personne ne l’a reconnu
Certains l’ont peut-être aperçu
C’est consensuel, le con est nu

Nu et seul en chemin
Il ne tend jamais la main
L’instant suffit, s’en vient
Le con est nu et part serein.



Iso Bastier
14/01/12



Pluie et Vent



Pluie et Vent

 

Je n’en peux plus

Plus il pleut plus

La pluie dit « Et puis »

Ça n’arrête plus depuis

 

Je n’en peux plus

De ce vent en surplus

Le vent va de l’avant

Je stagne cependant

 

Je n’en peux plus

Plus il pleut plus

La pluie dit « Ensuite »

Vous connaissez la suite

 

Je n’en peux plus

De ce vent en surplus

Ce vent prend les devants

J’avançais auparavant

 

Je n’en peux plus

Plus il pleut plus

La pluie dit « j’en suis »

J’en suis, c’est sûr, j’essuie

 

Je n’en peux plus

De ce vent en surplus

Le vent ne fait pas semblant

Je l’avoue en tremblant

 

Je n’en peux plus

Plus il pleut plus

La pluie est sans merci

Ainsi elle vous remercie

 

Je n’en peux plus

De ce vent en surplus

Le vent m’en veut, m’aveugle

Plus ça va plus je beugle

 

Je n’en peux plus

Plus il pleut plus

La pluie s’évertue

À imposer ses vertus

 

Je n’en peux plus

De ce vent en surplus

Qui me fait des avances

Je prends de la distance

 

Je n’en peux plus

Plus il pleut plus

Il se peut qu’il pleuve

Les grandes eaux m’émeuvent

 

Je n’en peux plus

De ce vent en surplus

Le vent souvent se vante

Volontiers il m’évente

 


Iso Bastier

14/01/12

 

 

 

 

 

 


jeudi 12 janvier 2012

D’îles en îles

 


"SeaSunset" - Aquarelle - Iso Bastier 


D’îles en îles

 

Le vent n’est pas de tout repos

Prenant la commande des eaux.

Les rivages sont mobiles, fragiles.

L’homme est indocile et agile…

 

Nul doute, il vaincra l’horizon !

Cette ligne loin de sa maison

Où s’enchevêtrent les possibles,

Ce trait tiré vers l’invisible.

 

Il parviendra jusqu’à la brume

Bleutée qui enrobe d’écume

La chair de ces îles lointaines

Qui flottent sous les étoiles naines.

 

Oh oui ! Il sucera avide

Les douceurs inconnues et liquides

Des fruits aux formes étrangères

Jusqu’à ce que son corps digère…

 

Il repoussera les limites,

Les siennes et celles qui l’invitent,

Puis morcellera à nouveau,

Mettra les choses à son niveau.

 

Certes, il accostera souvent,

Repartira le cœur différent

Peuplé de beautés indigènes

Attractives telles des sirènes

 

Aux yeux larmoyants et lactés.

Elles séduisent avant de manger.

Elles butinent comme des abeilles

Naissantes au coucher du soleil.

 

Il s’en ira tout de même

Car le voyageur se promène,

Il ne prend jamais racines

Pas même quand le soleil décline.

 

Le vent n’est pas de tout repos

Dès qu’il le met dans son dos

Les paysages défilent et filent

Alors il  saute d’îles en îles…            

              

                      

Iso Bastier

12 01 12






mercredi 11 janvier 2012

Tôt


"Chao ab Ordo" - [40X50] - Acrylique - Iso Bastier


Tôt

 

L’aube émerge de la marée haute

Encore grise d’une nuit permissive.

Elle pousse le soleil pour qu’il saute

Ou qu’il déchire de ses incisives

 

Une frontière de nuages sur la côte

Où traînent les âmes pensives.

Une lumière rose vient et sursaute.

Le jour jette une aura évasive

 

Comme un pêcheur jette son filet

Avec l’espoir d'en tirer un trésor.

Le soleil après avoir tiré son rai,

S’offre enfin, fait briller son or.

 

Que de perspectives visibles

Quand l’horizon naît et s’éclaire !

La nuit agit pour l’indicible,

Le jour nettoie les atmosphères.

  

Légèreté et paix du réveil,

Joyeux climat et chants d’oiseaux,

La chaleur soumet et conseille

De tout de même de se lever tôt.

 

 

Iso Bastier

11/01/12

 

 

lundi 9 janvier 2012

Tout


 "Chao ab Ordo" - [80X80] - Acrylique - Iso Bastier


Tout

 

Et si tous ces brouillards,

Tous ces points noirs,

Toutes ces bulles errantes,

Ces imprécisions mouvantes,

Je parvenais encore à voir... 

 

Si au-delà de ces doutes

Je pouvais fixer ma route,

Planter ma bannière en repaire

Dans la terre, la mer et l’air.

Si j’évitais la déroute,

 

La déveine, la banqueroute,

Je caresserais enfin la voûte

De ce ciel très loin de la ville.

Un bateau, des pêcheurs tranquilles

Qui vont bientôt casser la croûte.

 

J’irai voir l’autre astre, là-bas,

Qu’on contemple quand il rougeoie

Avant de fondre dans les eaux

Pour mieux briller sous les bateaux

Que la nuit avale ou bien noie.


J’irai reposer ma mémoire

Là où la mer est un miroir

Aux reflets flous du bout des âges, 

Où les oiseaux dans les parages

Évitent l'attraction des trous noirs.

 

Et si tous ces hasards,

Ces stratégiques tragédies,

Ces nuits à ne rien savoir

Et ces devoirs de parodies

 

N’étaient que façons de se mouvoir,

De goûter aux chantages de la vie.

Si la nature détient le pouvoir,

Nous avons l’instinct de survie.

 

Nous sommes des étoiles minuscules

Dans l’infinité d’énergies

Or tout s’imbrique, se régule,

Tout fait que l’essentiel surgit.

 


Iso Bastier

9/01/12