samedi 25 avril 2009

Trop petits



Trop petits


Brouillards lumineux,
Pluies d’étoiles filantes,
L’Univers est vertigineux
Vu de ma case branlante.

Les oiseaux me réveillent
Pour me vendre le jour
Tels Monts et Merveilles
De leurs chants de velours.

Le soleil du mois d’avril
Promet l’insouciance de l’été
Qui ne se découvre d’un fil
Avant de vraiment s’installer.

L’énergie reflue vers la ville
Aux tentacules spectaculaires,
Les gens se pressent, s’éparpillent
En un spectacle tentaculaire.

Le soir dîne dans l’air festif
Du jour qui traîne ses guêtres
Près du halo de lune évasif
Qui éclaire la nuit de l’Être.

Sphères vibrantes, trous noirs,
Firmament, galaxies,
L’Univers cherche à nous voir
Mais nous sommes trop petits.



Iso Bastier
25 04 09

dimanche 12 avril 2009

Rentrer chez soi


"Promenade" - Huile - (22 X 14} - 22 07 00 - Iso Bastier




Rentrer chez soi


Un jour, rentrer chez soi
Dans la maison de son enfance
Avoir la nuit pour toit
Le lendemain pour chance

De la force des vents
Se vêtir pour repartir
Au hasard des courants
Qui ne font que courir

Reste-t-il quelque chose
De la douceur d’hier
De la tendresse des roses
De leurs épines fières ?

La route est une peau
Le parcours est une mue
La vision est faite d’eau
L’âme tend vers les nues

Tout s’efface si vite
On disparaît malgré nous
Malgré les maux qu’on évite
De prononcer contre nous.



Iso Bastier
12/04/2009

dimanche 1 mars 2009

Sans toi




Sans toi


Sans ton visage
Comme paysage
Je n’envisage
Plus rien

Sans la couleur
De ta douceur
J’ai mal au cœur
De chagrin

Sans ta présence
Pas d’attirance
Des révérences
En chemin

Sans tes baisers
Pour m’apaiser
C’est le malaise et
La fin




Iso Bastier
01/03/2009

samedi 28 février 2009

Le fantôme du chantier




Le fantôme du chantier


Le fantôme du chantier
Erre sur les graviers,
Grimpe sur les gravas
Jusque sur le toit.

Sous son bonnet
Son crâne est inquiet,
Ses cheveux de laine,
Pensées de porcelaine

Eclatent et se libèrent
De ces poussières
De terrain vague
Dont les âmes se targuent

D'être restées rebelles
Plus rares et plus belles
Que les pavés domestiqués
Qui mènent le quartier.

Le fantôme du chantier
Agresse pour jouer
Le passant ordinaire
Qui d'un coup accélère.

Pourquoi se ménager ?
Il boit à sa santé
L'ivresse au gobelet
Du vin qui rend gai.

Près de la poubelle verte
Il pousse la porte ouverte
Puis il monte à l'étage,
A-coups, dérapages,

Il lève sa bouteille
Vers le soleil vermeil
En songeant à renaître
A travers la fenêtre.



Iso Bastier
28/02/2009

lundi 16 février 2009

Le bonheur




Le bonheur


Le bonheur est beau d’insouciance
Comme un sourire, une réjouissance,
Un soleil soudain, une belle lueur,
Tel un cœur protégé de la peur.

Le bonheur à la bonne heure
Est un gain sur les mauvais jours
Quand l’équilibre est vainqueur
Il y a de la place pour l’amour.

Le bonheur vit dans l’innocence
Il semble ne jamais vouloir cesser,
Son aura est celle de la clémence,
L’homme serein peut pardonner.

Le meilleur du bonheur se partage
Il suffit de le lire sur les visages
Des combattants anti aigreur
Qui fabriquent de la douceur.

Prisonnier de l’angoisse du noir,
Le drame serait de ne pas le voir
Ce bonheur qui fait vibrer l’être,
Passer sans même le reconnaître.



Iso Bastier
16/02/2009

vendredi 13 février 2009

JOUR-NUIT




JOUR-NUIT


Le jour n’est pas une raison
D’avoir d’obscures intentions.
La nuit n’est pas un sursis
Contrairement à ce que l’on dit.

Le jour est clair, de la lumière
Vient à filtrer entre tes cils.
La nuit noire est moins sincère
Mais elle est plus subtile.

Le jour n’est ni bon ni mauvais
Mais l’humeur est humaine.
Cauchemardesque ou rêvée
La nuit ne fait que passer.



Iso Bastier
13/02/2009

De l’eau



De l’eau


De l’eau de pluie aux pleurs
Des larmes au lac à l’Océan
Grand nombre de navigateurs
Ont goûté la mer du néant

De l’eau de vie à la source
Des gouttes de sueur au litre
Quelles actuelles ressources ?
Le mal du libre-arbitre

De l’eau du puits à la cave
L’eau trouble. Inondation !
L’eau bleue comme la lave
Glisse, mine les fondations

L’eau de l’aube, la rosée
Arrose ce qui a été semé
L’averse est à la renverse
Tels les verres renversés

Les torrents, les rivières
Les fleuves, les cascades
Rus, flaques, les geysers
Sont de l’eau camarade

Narrative natation, piscine
Azur d’eau pure, sceptique
Tu bois ta médecine
A la bouteille en plastique

60% d’eau dans ton corps sans
Qu'il paraisse aussi fluide…
L’âme est-elle l’eau du dedans
Quand la surface se ride ?


Iso Bastier
13/02/2009

Manifestation




Manifestation


Addiction : l'addition est chère.
L'indécision et l'arbitraire
Font du quotidien un enfer,
Un jour de plus à satisfaire...
La diction, les dictons, l'air
Du qu'en-dira-t-on rebelle
Et les denses atmosphères
Des jours qui se font la belle...
Interdictions et frustations
Ternissent l'aube de la nation
Les émotions chassent l'ovation
Assez de faire abnégation !
Le peuple, pas la population,
Les coeurs mis au diapason
Marchent vers le non-horizon
Avec des pancartes en carton.
Les mensonges et les trahisons
N'arment que les viles ambitions
Qui n'ont que l'argent pour vision
Et la télévision pour conversation.
Parce que le pognon est un poison
Des humains en rangs d'oignons
Martèlent les pas des compagnons
Qui braillent leurs contradictions...


Iso Bastier
13/02/2009

jeudi 25 décembre 2008

Y a-t-il une vie pendant la vie ?





Y a-t-il une vie pendant la vie ?


Combien de déserts devrons-nous
Encore traverser alors que la
Nuit nous effraie tel
Un oiseau de mauvaise
Augure ?

Combien de jours au goût de gris
Voileront-ils notre horizon
Sans que personne ne
S’en soucie, sans qu’on se le
Figure ?

Redoutons-nous assez l’avenir
Pour laisser filer le présent
Par le rouet des temps passés
Qui oublient le pourquoi ils
Murmurent…

Quelle générosité subsiste-t-il
Quand les fantômes s’embrassent
Sans être parcourus de frissons,
Que chacun nettoie de sa place
Son armure ?

Se souvient-on de ce qu’est l’envie,
L’utilité, le vol des secondes ?
Y a-t-il une vie pendant la vie,
Un soupçon de vérité, une réelle
Aventure ?


Iso Bastier
25 12 08

mardi 9 septembre 2008

Avant la fièvre




Avant la fièvre


Le soleil est un guetteur
Et du haut de la tour,
Il guette le voyageur,
Lui fait faire des détours.

La mer tire la langue
Toujours aguicheuse
Sous les barques qui tanguent,
Les parois rocheuses.

La foule est un mystère,
Un fluide mouvementé
Qui s’empare de la Terre
De son pas cadencé.

Le vent est un sorcier
A l’esprit redoutable,
Il vole sans balancier,
Il passe sous les tables.

La pluie est mélancolique
Quand ses sanglots passés
Deviennent de la musique,
Un disque à repasser.

L’amour est un détour
Par l’au-delà de soi,
Un merveilleux séjour,
Un pur acte de foi.

Le ciel paraît immense
Si peuplé de limites,
Si proche lorsqu’on y pense,
Si loin, hypocrite.

Ton chant est un bonheur,
Un sourire sur tes lèvres,
L’existence des fleurs
Avant l’heure de la fièvre.



Iso Bastier
09/09/2008




Parler aux anges




Parler aux anges


Je sais parler aux anges,
Ils n’ont pas de secrets
Pour ceux qui les dérangent,
Ils aiment les inquiets.

Je vois leurs doux esprits
Flotter comme la brise
Au-dessus du grand puits
Dont l’eau est un peu grise.

Je flatte leurs oracles
En jouant le centaure
Mon sabot fougueux racle
Le sol qui se restaure.

Je tutoie les nuages
Parce qu’ils se présentent
Sous la forme de visages
Que je me représente.

Je souris pour l’exemple
Peu le pratiquent encore,
L’humour demeure un temple
Où gît la carte au trésor.

J’évite les sirènes
Qui raisonnent dans ma tête
Avec leurs queues obscènes
Et leur goût de la fête.

J’apprivoise les dragons
Venus de pays exotiques
Lovés dans des lagons
Recouverts de moustiques.

J’aime les animaux, tous,
Même ceux qui font peur,
Qu’importe ma frousse !
La vie teste ses loueurs.

Mais l’homme me taraude
A s’isoler du principal
Il résiste et il fraude
Bref il nous fait du mal.



Iso Bastier
09/09/2008

Un souffle



Un souffle


Y a-t-il un roc sous le lierre ?
Le poisson court la rivière
Sans se soucier de la pluie,
Cette suave caresse le suit.

Les grands arbres frissonnent,
Les herbes s’abandonnent
Toutes parcourues de plumes
Blanches comme de l’écume.

Le lièvre guette la hase
Sans s’éloigner de sa base
Près d’un buisson de laurier
De baies noires décoré.

L’air n’en a pas l’air de rien,
L’air n’est pas qu’un refrain,
Mais un amuseur de l’espace
Sifflant il fait de la place...

Un souffle un peu souffrant
M’accompagne en sinuant
Entre les mousses et les racines
Qui elles aussi s’acheminent.




Iso Bastier
09/09/2008

jeudi 4 septembre 2008

Isologie




Isologie


Ton corps est ma patrie
Malgré ce que l’on dit
A propos des frontières
Qui morcellent la Terre

Ta main est mon amie
Je la serre puis je la suis
Elle sait donner un sens
A mes rares absences

Ton œil est un mystère
Un puits ou un cratère
Qui parle de ton âme
Cette aura qui déclame

Ta bouche est un secret
Une faille plus qu’un regret
Sa langue m’est inconnue
Pourtant elle me met à nue

Ton magnétisme opère
Ton électrique atmosphère
Se garde bien de la foudre
Je ne veux pas en découdre

Ton sourire est un infini
Un soulagement dans la vie
J’espère ses heures de grâce
Pour apprivoiser l’espace

Ton amour tient du divin
Il sait griser comme le vin
J’aime ses douces caresses
Quand tout le reste m’agresse

Être n’est rien sans ta magie
Qui que tu sois dans la vie
Sous les yeux de tes congénères
Souvent en quête de repères

Ton ombre à confiance en toi
Même aux instants où tu louvoies
Même quand tu crains la lumière
Que t'a offerte ta mère



Iso Bastier
4 09 08

mardi 2 septembre 2008

Colombe


"Colombe" - Huile - [41 X 33] - Iso Bastier


Colombe


Je suis comme le ciel changeant,
Confronté aux cultes divers,
Je contiens des prières, des gens,
Des orages et des averses.

Je suis quelque part dans l’espace,
Un atome, une étoile, un silence,
Un animal sous la menace
De sa propre conscience.

Je suis mes saisons réunies ;
Mon impériale jeunesse,
Printemps fougueux, le défi,
Me met face à mes faiblesses.

À l’heure de l’été ombrageux,
Je constate mes sécheresses,
Mes manques, ces aveux
Qu’à l’aube seule je confesse.

Je change mes couleurs
À l’automne qui me révèle,
Il les prélève de mon cœur
M’annonce une vie nouvelle.

Je garde mon secret l’hiver,
Je couve mon âme, trésor,
Qu’un autre printemps, je libère,
Colombe dans le soleil d’or.



Iso Bastier
2 09 2008

mardi 26 août 2008

Cyborg Avenue




Cyborg Avenue


Je propose qu’on progresse
L’oisiveté ça m’oppresse
Ce n’est pas que je te presse
Mais regarde : le jour régresse

Il fera bientôt nuit noire
Avancer n’est pas accessoire
Nous n’irons pas de mémoire
Vers de nouveaux territoires

Reprends un peu de courage
On ne fait rien sans la rage
D’aller combattre les orages
Qui attaquent nos paysages

L’histoire vaut la comptine
Quand machin fait à sa copine
Un enfant à demi machine
Pour que le futur domine

Il est temps que je confesse
La réalité de mes faiblesses
Tout va à une telle vitesse
L’homme bio, qui était-ce ?

J’ai pénétré l’aube virtuelle
Esseulé dans la citadelle
Entre l’art et l’artificiel
Entre la Terre et ce ciel

J’ai failli tout anéantir
Mais le Hasard sait prévenir
Il n’a pas besoin de mentir
Il ne sonne pas pour venir

Je propose qu’on progresse,
L’évolution n’a de cesse
Qu’on peaufine notre adresse
Avant que la lune ne s’affaisse

Avant que le soleil s’efface
Je pense qu’il faut faire face
Difficile de profiler la préface
Il y a toujours des volte-face

Voltigeurs de l’inconnu
Nous serons passés et venus
Il aura fallu l’homme nu
Pour construire Cyborg Avenue


Iso Bastier
26 08 08





L’amour n’est pas une partie de plaisir




L’amour n’est pas une partie de plaisir


L’amour n’est pas une partie de plaisir
C’est une manière de faire le jour
Sur les teneurs des terreurs du désir
Qui ne riment pas avec… toujours

L’amour n’est pas une partie de plaisir
Il est impossible d’en faire le tour
On ne peut jamais vraiment le saisir
Cependant qu’il rôde aux alentours

L’amour n’est pas une partie de plaisir
Pourtant je t’aime aux carrefours
Et tu m’embrasses pour me le dire
Nous empruntons même des détours

L’amour n’est pas une partie de plaisir
Malgré les comptes on s’y complaît
Je compte sur toi pour m’avertir
En cas de peine à venir, s’il te plaît

L’amour n’est pas une partie de plaisir
Il naît de l’esprit plus que du corps
Même si cela te fait plutôt sourire
D’entrer et de sortir de mon décor

L’amour n’est pas une partie de plaisir
Mon amour d’ailleurs me dépasse
Pour que d’autres puissent s’en servir
Moi qui flâne comme l’aube passe

L’amour n’est pas une partie de plaisir
Mais j’aime me connecter aux comètes
Il y a tant d’espace offert à remplir
Au-delà de nos sensuels têtes à têtes



Iso Bastier
26 08 08

lundi 25 août 2008

Info




Info


Je voudrais faire la une,
Incarner les informations,
Alors tu décrocherais la lune,
Je capterais ton attention.

Si j’étais enfin à la page
Tatouée à l’encre du journal
Auquel tu fais un massage :
Mes nouvelles seraient idéales.

Je te réserverais mes scoops,
Mes flashes, mon intox,
Ces articles que tu découpes
Pour mettre sous cadre d’inox.

Je saurais faire sensation
Sans arrêt et sans omission.
Sensas le sens de l’exaltation
Procuré par mon émission !

Voici les modalités
Pour t’intéresser, te surprendre :
Faire le tour de ton actualité
Sans que tu puisses la comprendre.



Iso Bastier
25 08 08

samedi 23 août 2008

Motus


"Nénuphar" - Huile - [24 X 19] - Iso Bastier



Motus



Mes violons sont plus slaves que toi
Ils pleurent lorsqu’ils n’aboient pas
Ils se répandent alors détends-toi
N’écoute que ton cœur qui bat

Motus vaut mieux qu’un mot de trop
Fleur de lotus pousse dans l’eau
L’argus c’est plus pour les autos
Largué le gus c’est trop d’argot

Ma chanson a perdu sa voix
Gorge enrouée à cause du chat
Qui se coince entre mes parois
Mon silence en dit long sur ça

Motus vaut mieux que la moto
Malus sur l’autoroute en solo
Mordicus j’ai mordu le panneau
Le lapsus finit à l’hosto

J’ai perdu l’air et le refrain
Mais si j’avais freiné enfin !
Tout ça pour avoir rongé mon frein…
Le faux n’est pas loin de la fin

Motus vaut mieux que les gros mots
Fleur de lotus pousse dans l’eau
L’asparagus a la coupe afro
L’aspartam où les kilos en trop

L’inspiration vient du mélo
L’aspirateur et son trémolo
Le jour de ceux qui se lèvent tôt
La nuit des mères du ghetto

Alligator, aligato
Ali Baba l’a dans le dos
On l’a mangé à la Marengo
Lui reste la peau sur les os

Motus quant à la météo
Les fleurs fanées sont dans le pot
Des météores, du rodéo
Du dernier jour où il fait beau



Iso Bastier
23/08/2008

lundi 18 août 2008

Récitation intempestive




Récitation intempestive


J’hurle au loup sous la lune.
Je crie depuis les tribunes.
Je m’exprime de façon abrupte
Quand je sais qu’on me persécute.
Je brame du fond des bois,
Je hausse le ton, j’aboie,
Je braille à en perdre la voix,
Dans les décibels je me fourvoie.
Je vagis, je mugis, je meugle,
Je réagis, je rugis, je beugle,
J’invective, j’appelle et je gueule,
Il faut dire que je me sens seul.
Je brais, je piaille, je geins,
Je glapis, je rouspète sur le trop-plein,
Je pleurniche, je pépie, je m’égosille,
Je rétorque, je reproche, je babille.
Je rembarre, je proteste, je réplique ;
Et si je ne connais rien à la musique,
Je m’y connais encore moins en silence,
Mes paroles portent loin en distance.
Je récrimine, je conteste, je vitupère,
Je fulmine, je peste et je m’exaspère.
J’apostrophe, je blâme, parfois même, je maudis,
Les catastrophes me réclament, je jure, j’injurie.
Je maugrée, je grogne et j’accuse,
Je critique avec vergogne et je récuse.
Je refuse, je condamne, je réprouve.
Je m’excuse mais c’est rare, je me prouve.
J’en ai toujours plein la bouche,
J’en rajoute des couches et des couches,
J’en découds, je disserte, je décrète,
Je conteste, je secrète et je répète
Tous ces mots insensés.
Je parle d’un ton cadencé.
Mes émotions coulent en énoncée.
Je dénonce, je sais prononcer,
Puis je me tais en alternance,
Par insuffisance ou manque d’aisance.
Je m’apitoie quand je prends un sermon.
Aphone ! L’effroi ! La note bleue : Trahison !
Je me remémore quelques radoteries.
Je suis insonore quand tu fermes tes ouies.
J’ai saturé du métaphorique,
Je voue ma vie à l’acoustique.
J’habite la rythmique du quotidien,
Je donne le tempo, je crée le refrain.
Rien ne m’éloigne du pourquoi.
Je ne reste jamais longtemps coi,
Je déclame, je délire, je récite,
Je clame, je ne peux me contenir, je débite.
Si je m’enroue, il m’arrive d’abdiquer.
Ce garde-fou m’oblige à méditer
Sur ces laïus antédiluviens, ces allegros,
Cette percussion qui me revient en écho.
J’en ai marre ! Qu’avez-vous à répliquer ?
Celui qui me contrecarre, connaîtra ma vérité !


Iso Bastier
18 08 2008

Trait d'Union



Trait d'Union


Je t’ai offert ce doute merveilleux
De connaître un autre toi-même.
Le miroir insolent des yeux
Qui rêvent plus qu’ils ne comprennent.

Comme des voiles infimes,
Des ombres nous traversent.
Elles nous laissent le goût intime
Des larmes que l’on verse.

Manipulations incessantes
De ta voix proche du silence.
Tes manières sont pressantes,
Tes regards les devancent.

Sur ton rythme, j’évolue,
Sorte de musique que je suis,
Danse de ta présence assidue,
Mouvement de la pensée amie.

Je m’adapte. Tu t’isoles.
Je me love. Tu reviens.
On rit. On se désole.
On prévoit pour demain.

Je t’ai offert ce doute merveilleux,
La dualité complémentaire.
Il faut vouloir être deux,
Ne pas se sentir adversaires.

Il faut poser son cœur
Comme la première pierre
De sa maison du bonheur,
Sa véritable atmosphère.

Travailler à sa chance,
À sa propre générosité
Pour ne pas être une absence,
Un corps aigri, frustré.

Pour ne pas être inutile,
S’unir au respect de la paix.
Construire nos destins fragiles
En n’étant pas le seul qui sait.

En n’étant pas le seul d’un monde
Qui peut bien s’effondrer.
Nos efforts comptent en seconde,
La mort saura nous soulager.

Aide-moi comme je t’aime.
Je t’offrirai mes étincelles,
Mon énergie sans problème,
Mon trait d’union, ma cervelle.


Iso Bastier
18 août 2008

dimanche 17 août 2008

Thaïlande


"Siam" - Acrylique - [81 X 65] - ISO Bastier



Thaïlande


Bangkok ne vieillit jamais.
Crépite le feu des possibilités.
De l’incroyable trafic thaïlandais
Naît un corps uni de fumées.

Les siamois se tiennent par la main.
Ils aiment rire et jouer sans cesse,
Course d’un serpent incertain
Qui mise gros sur la sieste.

Au sud, l’indolence des îles magiques,
Au climat pourtant délicat,
Rend la pensée un peu statique.
On peut méditer sur ses pas.

Le repos n’est pas une excuse
Pour s’oublier sous des nuages
D’aigles chasseurs, d’œil-de-buse,
D’intimes et stratégiques présages.

Les noix de cajou d’Ao Nang,
Les étoiles de mer de Kradan,
Le tissage de pandanus à Trang,
Les pirates de la mer d’Andaman !

Et plein d’enfants joyeux,
De chats aux queues coupées,
Des lampions, des fruits juteux,
Des jardins de papillons et d’orchidées.

Les iguanes de Koh Muk,
Les cabanes sur pilotis,
Le karaoké sans le zouk,
Les bougainvilliers et le riz,

Les pad thaïs, la cuisson au bambou,
Le curry rouge, jaune et le vert,
La soupe Tom Yum, le chou !
Les légumes sautés et les desserts :

Bananes chaudes au lait de coco,
Ananas trempé dans le miel,
Puis l’heure turquoise de l’eau,
Et les baignades sous le soleil.

L’épuisement soudain. La nuit
Qui tombe comme un sabre.
Des étoiles qui parlent d’infini,
Des bungalows, pas de marbre.

L’argent de Surat Thani,
Et son fameux embarcadère.
Une escale à Koh Samui
Puis Koh Phangan dans la lumière !

Nan, Chai, Mai, Ron et Lotte…
Les routes aux allures chaotiques.
Miss Lily sur la plage qui trotte,
Des crépuscules magnifiques…

Les geckos, les fourmis, la lune,
Les fêtes qu’on donne dans la jungle,
Le rocher qui ressemble à une dune,
Des cheveux tenus par des épingles.

La pluie chaude et torrentielle,
Un ciel noir au-dessus des cocotiers,
Des libellules aux ailes de dentelle,
Des coquillages, des bénitiers.

Les singes, les serpents, les varans,
Les insectes étranges et colorés,
Le rappel à l’ordre du vivant,
Le plus fort pourra manger.

La terre rouge, le toit bleu.
Les cascades du Roi.
Au Seven Eleven : La queue !
Les verres luisants et le soda.

Tcha, Ping, Pong et puis Nang…
La masseuse sur la terrasse
Qui interpelle les farangs*
Pour les mettre dans sa nasse.

En bas, presque frôler la Malaisie.
Toucher aux âmes généreuses
Des nomades pleins de fantaisie
Et de pêches miraculeuses.

L’ombre des pins de Koh Lipe,
Le nuage gris de Koh Adang,
Koh Rawi aux arbres salés,
L’inhalateur du Dr Siang.

Les oursins, les coraux, les lézards,
Les raies mantas, les tortues
Qu’on rencontre au hasard
Des courants de bienvenue.

Quant à la nature foisonnante,
Dans le nord tropical,
Elle n’offre pas que des plantes
Au pouvoir médicinal,

C’est un ravissement d’arômes
Dans la fraîcheur qui nous surprend,
Les végétaux forment un dôme,
Où le pèlerin se rend.

Les temples de Chiang Mai,
Les tribus aux longs cous,
Le marché de Chiang Rai,
Les Akhas, loin de tout,

Les araignées, les papayers, la résine,
La palme, les rivières de montagne,
On se dépêtre parmi les racines,
Le chant des oiseaux nous accompagne,

Le Mékong, le tissage, l’artisanat
Et les descentes en radeau !
Éclaboussent ma mémoire de joie,
Lorsque j’y pense à nouveau.


Iso Bastier
17 08 2008


*Farang : étranger

dimanche 10 août 2008

Quoiqu’on en dise…


La grenouille - Huile - [55 X 46] - 7 04 97 - ISO Bastier




Quoiqu’on en dise…


L’horreur se banalise
Les erreurs nous enlisent
La peur nous paralyse
Quoiqu’on en dise…

Porter ses valises
Sous les yeux en frises
L’ailleurs s’idéalise
Ici on agonise…

On se ridiculise
Plus qu’on ne s’éternise
Les vents nous dégrisent
Comme le feu attise

On te neutralise
Et on t’utilise
Tu matérialises
Ce qu’on te subtilise

Si tu démoralises
On te tranquillise
Si tu te scandalises
On te verbalise

Si tu t’humanises
On te mécanise
Il y a méprise
Dans l’entreprise

N’en faire qu’à ta guise ?
Est-ce que tu réalises ?
Qu’on a sur toi main mise
La vérité admise

Tu spiritualises
Trouver une église…
On t’évangélise
Pour que tu diabolises

Tu t’animalises
Tant on te brutalise
On te naturalise
Avec ta chemise

Tu t’organises
La leçon apprise
Tu t’aiguises
Avant qu’on t’éconduise

Tu dramatises
Après expertise
Mais de la fainéantise
Naît la bêtise…

Alors tu poétises
Tu sympathises
Tu traques les hantises
Tu te sécurises

Et puis surprise !
Les heures s’amenuisent
Têtu tu t’épuises
Tu te vaporises

Vapeur, brise
Volute exquise
La vie s’autorise
Quoiqu’on en dise…



Iso Bastier
10/08/2008

lundi 14 juillet 2008

Régime sec


Régime sec


Vers qui pourrai-je me tourner
Lorsque arrivée en bout de course
Ma vie n’aura plus rien à donner ?
Qui vient sans qu’on ne le rembourse ?

Restera-t-il de la générosité
Dans ce monde à face d’écran ?
L’humain pourra-t-il subsister
Les machines mises en avant ?

Serons-nous plus seuls encore
Disparus dans le flot d’images ?
Antan on s’égarait dehors...
L’intérieur nous prend en otage.

Les ados accros au porno,
Des enfants inassouvis et pâles,
Les ondes font du rodéo,
Les adultes perdent les pédales.

Le réchauffement de la planète…
Ils ont autre chose dans la tête :
Boucler la prochaine fin de mois,
La Terre, elle, s’en sortira…

Que restera-t-il de nous ?
Quels restes dans notre zone ?
Ils s’en tapent les genoux
Comme de la couche d’ozone !

Après avoir combattu la faim,
Nous avons perdu l’appétit,
Aussi précipitons-nous la fin
Au régime sec de la vie.


Iso Bastier
14/07/2008

vendredi 6 juin 2008

Contine siamoise

Contine siamoise





Médaille d'argent du 7ème concours de poésie "Le chat" de l'association artistique de la Préfecture de Police de Paris :

samedi 24 mai 2008

Décompression



Décompression


Temps de la décompression
Mise au vert des obsessions
Décompresser
Compensation
Si trop pressé
Faire attention !

L’heure de la compassion
Retour voulu à la raison
Recomposer
Compréhension
Se reposer sur la question

Seconde des deuxièmes versions
Sans sombrer dans l’abnégation
Récapituler
L’action
Moduler
Les émotions
Sans saigner
Quant aux fractions
Quant aux fractures
Quant aux factions
Quant aux factures

Avec de l’imagination
Et le sens de l’aventure
La vie est une belle sensation
Quand elle n’est pas contre nature.


Iso Bastier
24/05/2008

mardi 18 mars 2008

Virginia Woolf


 

Hommage à Virginia Woolf

 

L'océan harangue le rivage.

La Promenade des Anglais

Affronte le vent avec courage,

Comme quand Virginia passait.

 

Le cri du loup défit le brouillard.

Quelques cieux bleus dérogent.

On se comporte tels des vieillards

Mais un beau jour on s'interroge.

 

Jouir d'une maison de campagne

Des fleurs, surtout de la lumière.

Virginia aime le champagne

Quoique ces bulles prisonnières...

 

La marée dans son sang obscur

Traque les aubes grimaçantes.

Une petite voix lui susurre

Les histoires de résistante.

 

Virginia se noie dans l'encrier.

Elle goûte sa bile noire.

Des mots tapissent le calendrier

Les lettres nues de sa mémoire.

 

Virginia se perd à méditer...

Les visites sont impossibles.

Elle s'accroche à son oreiller

Sosie d'un fœtus irascible.

 

Le loup subit la métamorphose.

Seule la page blanche l'assouvit,

Il faut exprimer tant de choses

Il n'est de temps que la vie.

 

Les vagues sont encore plus hautes

Le désir va en grandissant.

Elle recorrige encore ses fautes,

Lutte avec le verbe intransigeant.

 

Il arrive que l'air soit doux,

Que la balade soit agréable.

Virginia fait taire le loup,

Rend l'animal désirable.

 

Il arrive parfois des éclairs,

Des coups de génie, des orages,

Des coups de foudre, des repères,

Des phares au loin qu'elle envisage.

 

C'est la mer ou l'océan.

C'est le père ou la mère.

L'absence d'un drapeau rassurant,

D'une vigie pour crier : Terre !

 

Des cailloux au fond des poches

Virginia met un pied dans l'eau.

Qu'importe les futurs reproches !

Son dernier livre est au repos.

 

 

18  03 2008

Iso Bastier


lundi 10 décembre 2007

Océan nocturne


"Océan intérieur" - Huile - [73 X 60] - Iso Bastier



Océan nocturne


Le sourire de la lune
N’est qu’une poésie
De plus, la nuit brune
Rêve avec frénésie.

Elle danse en tête
Des dormeurs prisonniers
Du sommeil à la fête
Des tabous délivrés.

Bal d’images confuses
Connexions improbables
Les pensées se diffusent
En vagues innombrables.

Le sombre océan nocturne
S’échoue entre les draps
Des esprits taciturnes
Qui eux ne dorment pas.

Mélodie des soupirs
Ronronnement divin
On ne peut s’assoupir
Qu’en ne songeant à rien.

Des rideaux de paupières
Comme de grands écrans
Projettent en avant-première
La liberté des gens.

Les ombres craignent le noir
Elles serpentent anonymes
Dans les ruelles, les couloirs
Que l’aurore réanime.

La chaleur moite et suave
Des corps gisants d’accalmie
Parvient à former un havre
De paix et de répits.

Tout leur échappe
Ils échappent à tout
Un monde nu les happe
Celui des garde-fous.

Un autre jour les guette
D’un œil encore timide
A l’Est de la planète
Un soleil blanc, humide.



Iso Bastier
10 12 07





samedi 8 décembre 2007

Sur la route


"L'amour"..."Eux" - Huile - Iso Bastier



Sur la route


Quelqu’un m’attend loin d’ici
Sans se soucier de la date,
A l’autre bout de ma vie
Contre un soleil écarlate.

Jeu de patience que le temps,
Jeu de construction dans l’espace,
Quelque part quelqu’un m’attend
Tandis que les astres se placent.

Il fait doux dans ce songe
D’ailleurs et de possibles,
Un élan vers l’aventure,
La quête d’un être sensible.

J’irai, c’est sûr, j’irai un jour,
Un jour ou l’autre, on verra…
Je passerai pour dire bonjour
Ou bonsoir comme il sera.

Une absence réconfortante,
Des retrouvailles dans la joie,
Une présence peu envahissante
Que celle de l’invité de choix.

Quelqu’un m’espère loin d’ici
Sans jamais consulter l’heure,
Une personne d’un autre pays
Ou plutôt un voisin du cœur.

J’avance à chaque battement
De mon tambour intérieur,
J’ai le rythme dans le sang,
La vie cherche le meilleur.

Je voyage dans tous les sens
Tant que mon corps s’emmêle
Dans la confusion des sens
Jusqu’à ce que l’âme s’en mêle.

Les amis sur le bord de la route
Font des signes imperceptibles
Qui me sèment parfois le doute
Car mon ego est susceptible.

Or je sais que quelqu’un m’attend
Sans s’inquiéter du reste,
Afin de capter mon présent
Par amour plus que pour le geste.



Iso Bastier
08 12 07

samedi 17 novembre 2007

Le désir et l’amour


"X naked" - Acrylique - 2007 - Iso Bastier



Le désir et l’amour


L’ère de la reproduction s’achève,
L’animal en nous fait grève,
Il n’est plus de bon ton de forniquer
Pour que l’espèce puisse subsister.

D’abord le désir, la courtoisie,
L’amour de maintenir l’envie.
La virile attraction de la conquête
Ne part pas constamment de la tête.

La féminine réponse de velours
Fait du désir un vœu d’amour.
De la conception à la contraception,
Les femmes ont changé d’ambition.

Le sentiment, le sexe, l’enfantement
N’existent pas dans le même temps.
Les sensations semblent renchérir
Sur l’incessante quête du plaisir.

De la bête à la piété on se perd
Dans ce que l’extase a de pervers :
Déboussoler les sens et les pensées
Dans l’abstrait des rythmes cadencés

Lorsque la vie s’exhibe et vibre,
Danse en cherchant l’équilibre
Entre le désir et l’amour,
Le carpe diem et le toujours.


Iso Bastier
17 11 07

vendredi 16 novembre 2007

En paix


2 en 1 (by night) - Acrylique - [100 X 65] - Iso Bastier


En paix


Je vais soulager ton front
Du poids de la sévérité,
Il va s’ouvrir sur l’horizon
Pour que tes yeux puissent planer.

De tes lèvres entrouvertes
S’échappe un souffle divin.
La parole te met en alerte
Or tes soupirs sont devins.

Tes paupières en fenêtres closes
Frémissent de ce que tes yeux
S’imaginent quand ils se reposent
Sous tes cils duveteux.

Tes joues roulent sous ma caresse
Qui se perd dans ton cou,
Elles rougissent si on les agresse,
Elles aiment en dire beaucoup.

Ton menton vise volontaire
L’inconnu qui ne l’effraie pas
Tandis que tes narines flairent
Le chemin qu’empruntent tes pas.

Je vais lâcher ta main…
Tu marches seul depuis longtemps
Mais la tendresse fait du bien
Lorsqu’on ne porte pas de gant.

Ça y est ! Tu tiens debout
Avec un sourire insouciant,
Preuve que l’amour vient à bout
Des plus récalcitrants.

Tu ignores les limites
Car tu existes pour quelqu’un.
La solitude est une fuite.
L’affection est un festin.

Tu as la chance d’être aimé
Aussi donnes–tu à ton tour.
L’avarice ne t’a rien prouvé.
La générosité se cuit au four.

Tu cours désormais. Le jour
T’a conduit face à toi–même.
Tu t’es simplement dit bonjour,
Ça a réglé tes problèmes.

Tu ne sinues plus, tu files
Telle une onde positive,
Sur l’écran du monde défile
De nouvelles alternatives.

Ton mouvement est propice
Aux rencontres. Tu communiques
Sur ton angoisse du précipice
Rassuré de n’être plus l’unique.

Car l’autre est là pour toi
S’il a été convié en ami.
Plutôt que de partager l’effroi
Vous partagerez l’envie.

De mieux vous connaître
Vous tirerez profit, un fait.
L’espoir désire renaître
De l’organe qu’est la paix.


Iso Bastier
16 11 2007





Manifestations

 


"So many" - Encre - Iso Bastier


Manifestations


Plutôt que de finir sur la grève,

Certains manifestent, font grève

Alors s’immiscent les vrais rebelles

Dans les rangs de la hargne actuelle.


Soldats de l’ombre contre agents de la paix,

La masse sombre, le pouvoir au guichet,

La violence tue, tristement on dénombre

Plus de dommages que d’intérêts.


La prise d’otages inquiète et persécute

Toujours les mêmes, les imposés

Sur lesquels l’état répercute

L’ampleur des dégâts causés.


Avant que les pourparlers ne s’achèvent,

Certains manifestent, font grève

Mais les révolutions n’ont pas évolué,

Elles meurent avant d’exister.


Les bouches meurtrières, les mains crispées,

Levée de bannières, matraques dressées,

La souffrance appelle la douleur,

Elle n’a rien d’autre à proposer.


On manifeste contre les manifestants

Et la foule devient dangereuse,

Des gens qui agressent des gens,

Des rencontres malencontreuses...


Manifestement.


16/11/2007

Iso Bastier


lundi 5 novembre 2007

Dans le vent

"Explosion" - Huile - [46 X 38] -  Iso Bastier



Dans le vent


Le vent souffle encore plus fort
Qu’un souvenir de typhon tropical
Quand respirer demande un effort
Que le danger transforme le banal.

Un vent colérique, cheveux rebelles,
Les cocotiers plient, se déracinent.
L’attaque de cette eau torrentielle
Noie le décor, l’horizon s’incline.

Une nuit violacée sévit en plein jour,
Un mur de violence s’élève de la mer,
Des alarmes, des cris, des gens qui courent,
Des tornades après l’heure des éclairs.

Survivrons–nous au cataclysme ?
Quelle catastrophe ! Catapultés
Que nous sommes en apocalypse,
Nous perdons de nos facultés.

Toutes ces pensées contre nature
Nées de la gloire d’un dieu de papier
Nous font frôler l’instant de la rupture,
Même la terre espère nous congédier.

Nous nourrissons nos injustices
Comme pour mieux les apprivoiser.
Qu’importe de vivre une ère factice,
Nos passés continuent de pavoiser.

C’est l’errance de l’ours blanc
Sur d’infimes cailloux de glace,
Ce qu’on appelle le réchauffement,
Les espèces que l’humain menace.

Toutes ces îles qui disparaissent,
Ces exodes forcés, cet abandon,
La désolation future que l’on laisse
A ne filer que de la déraison.

La pelote d’énigmes dans nos têtes
Tricote ou tisse ce triste ouvrage.
Le culte de l’argent est une défaite,
Un piège, un gouffre, un marécage.

Au lieu de nous adapter au mieux,
Nous faisons le choix de saborder.
Sans comprendre quels sont les enjeux,
Nous jouons à métamorphoser.

Où mène le Graal technologique ?
Est–ce l’immortalité ou la chute ?
Que faisons–nous de la bioéthique ?
Et quels sont nos parachutes ?

Je parle des piles électriques,
De ceux qui fournissent le courant
Que les politiques alambiquent
Pour se sentir portés par le vent.


Iso Bastier
5 11 2007




jeudi 25 octobre 2007

Hommage aux gens de l’Art


"Ombre parisienne" - Montmartre - 2002 - Iso Bastier


Hommage aux gens de l’Art


Hommage aux gens de l’Art,
Aux passagers du hasard,
Aux interprètes de la vie,
Aux créateurs de joies et d’envies,
Emotions partagées, expériences,
Echanges, chantages, luxuriance,
Luxe, allusions, illusions,
Don de soi et de sa vision,
A l’abordage des suppositions,
Des esquisses, des expositions,
De la fantaisie, de l’audace,
Dérangement des choses en place,
Fuite ou obsession de la réalité,
Aux visiteurs de la vanité,
De l’ego, de l’égal, de la beauté,
De l’original jusqu’au revisité,
Vision remaniée, manies, maniaques,
Des secrets du jour aux lueurs insomniaques,
Du génie au destin, du désir au certain,
Du clapot au silence, au cri lointain,
Des larmes, des sensations fortes,
Du nu au non à la nature morte,
Des entêtés, des entichés, des artistes,
Trop de noms sur ma liste,
Des faiseurs de mondes meilleurs,
Des sourires, des clins d’œil rieurs,
De l’attirance à l’abstraction…
Aux humains en quête d’attention.


Iso Bastier
25 10 07

vendredi 5 octobre 2007

Les dinosaures


"Le petit peuple" - Huile - [55 X 38] - 16 10 98 - Iso Bastier




Les dinosaures


Une guirlande de fleurs,
Des pétales multicolores,
Vaincre la peur par la couleur,
Les promesses sont à éclore.

Un vieil arbre ami et témoin
S’effeuille dans un vent de verdeur,
Son regard porte toujours au loin,
L’horizon ignore la fadeur.

L’herbe grouille et sa peau velue
Se couche plutôt que de plier
Sous le poids de ce qui évolue
Sur elle sans s’en soucier.

Un troupeau de nuages blancs
S’attroupe dans un coin du ciel,
Il gambade en le contrastant,
Saute des haies d’hirondelles.

Un corbeau observe passer le temps
Depuis les hauteurs d’un frêne,
Son œil rond voit en s’agitant
Le monde d’une manière homogène.

La mélodie n’est pas faite que d’air,
Elle coule, berceuse cristalline
Comme la voix d’une rivière,
Traîne luisante de la colline.

Il arrive que jaillissent un cerf
De bois majestueux couronné,
Des familles de ragots, des mammifères
Etranges tapis dans les fourrés.

La vie s’active pour le soleil,
Elle répond à la chaleur
Que pas même le sommeil
N’engage à la tiédeur.

La campagne s’époumone
De l’asphyxie des métropoles
Que personne ne sermonne
Parce qu’elles font l’obole.

Les saisons se consument,
La planète lutte, se bat
Contre ceux qu’elle exhume
Peu après leur premier pas.

L’argent remplace la sagesse,
La technologie pallie à la générosité,
L’homme s’égare et se presse
De ne plus rien mémoriser.

Il se méfie de la nature
Comme il se craint lui-même.
De ses pensées contre nature
Naissent bien trop d’extrêmes.

Son rêve vire au cauchemar,
Vallées de bitume, allées en béton,
Des habitats tels des placards,
La pointe de la civilisation…

Rien ne change, tout évolue
Influe sur l’humanité,
Les dinosaures n’ont pas survécu
Jusqu’où pourrons-nous aller ?



Iso Bastier
5 10 07